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«Semaine découverte» : Le Cndrs renait de ses cendres

«Semaine découverte» : Le Cndrs renait de ses cendres

Culture | -   Maoulida Mbaé

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Fermé quatre mois pour des travaux de rénovation, le Centre national de documentation et de recherches scientifiques (Cndrs) fait peau neuve, grâce notamment à l’appui financier de l’agence turque de coopération (Tika). Il a organisé, du 16 au 20 juillet, une «semaine découverte» pour présenter au public le musée, la bibliothèque, les archives et le département de recherches. Le Centre, malgré ce rayonnement, reste confronté à de problèmes de collecte de documents, de numérisation et d’informatisation. Le défi que doit relever la direction, pour garantir la survie du patrimoine culturel du pays.

 

Il est resté fermé quatre mois durant. Le Centre national de documentation et de recherches scientifiques (Cndrs) a ouvert, la semaine dernière, ses portes au public. Le musée, la bibliothèque, les archives et le département de recherches ont été présentés successivement, du lundi au jeudi, aux visiteurs. Toute une «semaine découverte» qui s’est achevée, vendredi 20 juillet, par une visite libre du Centre. L’objectif était de «faire part aux citoyens de la reprise des activités du Centre, après quatre mois de fermeture pour travaux», a indiqué le directeur général du Cndrs, Nouroudine Abdallah. Et sur ce point-là, dit-il, «l’objectif est atteint, nous sommes satisfaits». Il concède ceci dit que «les gens ne se sont pas bousculés, mais c’est une chose dont on s’attendait dans cette période difficile» où les gens sont pris par la campagne électorale, les examens nationaux et les cérémonies de grand-mariage.


Les «Je viens» et les touristes, public cible, ont en tout cas répondu présent. Tout comme les enseignants et les étudiants de l’Université des Comores, ou encore, des étrangers résidants au pays ou juste de passage, comme les Japonais, «fascinés par le cœlacanthe», précise le chargé des relations publiques animateur du musée Zarouki Cheha. «On a même reçu la visite d’une étudiante française qui fait ses études à Londres venue se documenter dans le cadre d’un mémoire sur les contes comoriens», ajoute-t-il. Ils sont quatre au total à travailler au département du musée que deux élèves visitent librement cette matinée du vendredi 20 juillet. «Ce qui m’a le plus marqué ce sont les marmites, les assiettes, les lits et autres mobiliers que l’on utilisait autrefois», confie Moinloulou Ayoub, une élève de Galaxie Ntsudjini. Et pour cette jeune fille qui vient juste de passer son baccalauréat, série C, «les jeunes doivent faire l’effort de venir visiter le musée pour apprendre notre culture et civilisation, savoir comment étaient les Comores auparavant».

«Éducation au patrimoine»

Un appel du pied qui correspond, selon toujours Nouroudine Abdallah, au projet «éducation au patrimoine» lancé par le Cndrs, voilà deux ans, et que «nous comptons poursuivre en portant le musée dans les villages pour que tous ceux qui ne sont pas en mesure de se déplacer jusqu’ici puissent avoir connaissance de notre patrimoine culturel». Pour le directeur général du Cndrs, il faut insister sur les enfants et les jeunes car «ils représentent le présent et l’avenir du pays. Ce sont eux qui sont appelés demain à protéger notre patrimoine, et il faut qu’ils sachent dès à présent ce qu’ils doivent exactement protéger et en saisir l’importance».


A quelques mètres du musée, se trouve la bibliothèque. Ils sont trois fonctionnaires et un stagiaire à y travailler. Impossible de connaître le nombre exact d’ouvrages exposés sur les étagères fraîchement installées. L’heure est à l’inventaire et à l’informatisation. Des ouvrages sur l’histoire, la littérature des Comores, des mémoires et thèses de ressortissants de l’Université des Comores, et autres œuvres générales. Ils sont consultés pour la plupart par des enseignants et des étudiants de l’Université. «Nous avons bénéficié d’une aide d’un documentaliste de l’Université des Comores pour la cotation et le référencement des livres. La bibliothèque est maintenant opérationnelle», lance, à l’endroit du public, le bibliothécaire en chef Karim Jaffar.

«L’âme du pays»

Dans la salle d’à côté, se trouvent les archives. Abkaria Azir, la responsable, est suppléée par quatre personnes. Leur travail consiste à récolter entre autres les documents administratifs (décrets, arrêts, lois, ordonnances, etc.), les trier selon les thèmes et les classer. Mais la tâche est difficile car «nous envoyons des boites pour la récolte de documents administratifs mais peu d’administrations les alimentent». Les rares à se plier à cet exercice sont la Présidence, l’Assemblée nationale et le ministère de l’Intérieur, «alors qu’auparavant c’était un exercice obligatoire». «Tous les documents, notamment ceux publiés dans le journal officiel, devaient impérativement être archivés au Cndrs», explique-t-elle.


Aux archives, se trouvent des documents remontant à la période 1896-1962 entre Madagascar et les Comores (J.o.m.d), la période 1943-1975 entre les Comores et la France (J.o.r.f) et les documents publiés dans le journal officiel (J.o.c) depuis 1960. Des documents que l’on essaie tant bien que mal de numériser. Abkaria Azir travaille depuis plus de vingt ans au Cndrs et se félicite du «nouveau visage» que présente le Centre. «Avant, le Centre était laissé à l’abandon. Aujourd’hui, on peut être fier de l’image qu’il rend. Le Cndrs, c’est l’âme du pays. Et il devrait avoir toute l’attention qu’il mérite», dit-elle.


A l’étage, enfin, on trouve le département de recherches, lequel est divisé en quatre équipes. Une équipe de sciences humaines et sociales dédiée au patrimoine culturel, une autre de biodiversité consacrée au patrimoine naturel, un Centre national de données océanographiques et sismiques orienté vers le patrimoine maritime et un Observatoire vulcanologique du Karthala (Ovk) chargé de la surveillance du volcan Karthala. Ils ne sont que cinq chercheurs et six techniciens de recherches à y travailler. Le directeur général du Cndrs explique cela par «les conditions difficiles de travail et les faibles salaires».


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