Entre jalousie, manipulation, harcèlement et violences conjugales, quatre auteurs explorent des formes de violence à travers des histoires aux tonalités différentes
Publié en juillet 2026, aux Éditions Cœlacanthe, Violences en folie est un recueil de huit nouvelles signées Amir Ali, Atifa Assinani, Fatima Hamidouni et Charifati Soumaila. L’œuvre s’ouvre sur un poème d’Amir Ali intitulé Que serait la vie sans violence? qui interroge la place de la violence dans l’existence. A travers le français, l’anglais et le shikomori, les époques, les couleurs et les relations humaines, l’auteur évoque les multiples facettes de la violence entre celles qui nuisent et celles qui ornent. Amir Ali signe, également, Du rythmiup ou la mort.
L’histoire commence dans une pharmacie prise d’assaut par deux hommes masqués venus réclamer un médicament destiné aux personnes souffrant de troubles du rythme cardiaque, le rythmiup. Parmi les témoins de la scène un ancien inspecteur de police à la retraite venu chercher ce médicament pour un proche Dany. Il décidera alors de mener sa propre enquête. Mais alors que ses soupçons se portent sur un autre policier du secteur qu’il prend en filature du nom de Rashid, Dany découvre que le braquage a été organisé pour l’attirer vers un lieu précis.
Il n’y a pas que les coups et les menaces
A travers cette histoire, Amir Ali met en scène une forme de violence fondée sur la contrainte et la manipulation, même si l’objectif final est de sauver une vie.
Mais la violence ne se limite pas aux coups et aux menaces. Elle peut aussi se cacher derrière les sentiments jusqu’à transformer l’amour en instrument de vengeance. C’est ce que raconte Atifa Assinani dans Proie malgré moi, en mettant en avant la violence psychologique à travers le mensonge et l’envie de posséder l’autre.
L’histoire met en évidence Ae-rin, une jeune femme qui tente de faire face à la mort de son compagnon, Min. Sur une plage, elle rencontre Jayeen, un homme qui dit, lui aussi, avoir perdu son frère. Peu à peu, les deux se rapprochent. Mais derrière cette relation se cache une toute autre vérité que la jeune femme est loin d’imaginer : en fait, Jayeen est le grand frère de Min, également responsable de sa mort.
Dans A mes risques et périls, Fatima Hamidouni explore, quant à elle, la souffrance amoureuse, les sentiments enfouis, mais également les décisions prises sous le poids du chagrin, à travers l’histoire de Haira, une jeune femme qui aime secrètement son meilleur ami, Hakim, depuis sept ans. Alors qu’elle s’apprêtait à lui révéler ses sentiments, celui-ci lui annonce son prochain mariage avec une autre femme. Le choc est brutal.
Pourtant, elle accepte d’aider Hakim à préparer la cérémonie, quitte à assister, impuissante au bonheur de celui qu’elle aime. Haira a fini par accepter la demande en mariage d’une autre personne qu’elle connaissait à peine. Le jour de la cérémonie, alors que la jeune s’attend à rencontrer son futur époux, elle découvre une surprise qui va tout changer : ce futur époux n’est autre que… Hakim. Dans cette histoire, l’auteure raconte les conséquences d’un amour longtemps gardé secret.
Fatima Hamidouni aborde, également, dans Amour empoisonné, le harcèlement à travers une jeune femme qui reçoit des messages anonymes qui, au fil des semaines, ont affecté sa santé, par les messages et les douleurs qu’elle ressent. Dans Trahison à double tranchant, Charifati Soumaila met en scène, pour sa part, la violence conjugale. La narratrice, Subiria, subit les coups et les humiliations de son mari qui lui reproche son incapacité à mettre au monde.
Ensuite, avec L’étoile ensanglantée, elle raconte l’histoire de Faldjirane, un jeune homme qui retrouve sa fiancée, revenue de l’étranger après avoir passé dix années d’études, pour un rendez-vous sur une plage de son île. Des retrouvailles interrompues par cinq hommes armés qui les ont dépouillés et poignardé Faldjirane, qui tentait de récupérer sa bague de fiançailles, avant de succomber peu après à ses blessures. Cette histoire montre comment la violence peut briser une vie et pousser une victime à vouloir rendre les coups à tout prix.
Dans Fête sabotée, Amir Ali aborde une autre forme de violence : celle qui naît des conflits familiaux et des secrets, en racontant une histoire où, lorsque le père du narrateur est retrouvé inerte dans la cour, sa mère a refusé d’appeler la police ou l’ambulance, préférant faire venir une guérisseuse traditionnelle. L’enquête menée au sein de la maison a fini par révéler la véritable raison de cette mise en scène : la mère voulait empêcher son mari de prendre l’avion pour assister au mariage d’un enfant né hors mariage et dont le père avait caché l’existence à sa famille.
4 plumes, 4 sensibilités et 1 même thème
Dans La balançoire de tous les dangers, Atifa Assinani raconte la rencontre entre une jeune femme en détresse et Rouny, un ancien ami. Alors qu’elle cherche à fuir un foyer dans lequel elle souffre, elle retrouve le jeune homme dans un parc. Mais ce qui semblait d’abord être un moment de réconfort a pris une autre tournure, lorsque Rouny a commencé à se montrer violent en la brutalisant. La jeune femme apprend ensuite que Fany, son ancienne compagne, a subi les mêmes violences et les deux femmes décident alors de se venger.
A travers ce récit, l’auteure met en lumière les violences physiques et psychologiques dans les relations amoureuses, mais aussi les conséquences d’une vengeance qui échappe à tout contrôle. Violences en folie ne se limite, donc, pas aux agressions physiques. Le recueil explore les différentes blessures provoquées par l’emprise, les secrets, le deuil et les sentiments qui échappent au contrôle des personnages. Quatre plumes, quatre sensibilités et des récits différents qui se rejoignent autour d’un même thème : les conséquences de la violence dans la vie des individus et dans leurs relations avec les autres.



