Après une première journée dominée par les discours officiels, le Forum économique des îles de l’Océan indien est entré, ce mardi 28 avril, dans une phase plus opérationnelle. Experts, entrepreneurs et décideurs ont intensifié les échanges autour de solutions concrètes visant à renforcer la résilience économique de la région face aux défis climatiques et aux mutations mondiales.
Au cœur des débats : la nécessité de concilier croissance économique et préservation de l’environnement. Plusieurs panels ont mis en avant le potentiel de la biomasse comme alternative énergétique durable, adaptée aux réalités insulaires. Parallèlement, la question de la biodiversité, notamment comorienne et régionale, s’est imposée comme un enjeu central.

Les intervenants ont insisté sur l’importance de valoriser les richesses naturelles sans compromettre leur préservation. « La biodiversité constitue le socle de nos économies et de nos sociétés. Ceci étant, elle subit une dégradation sans précédent », a rappelé la consultante Fanny Haff, intervenant dans le cadre du projet B2B. Cette dernière a alerté sur les risques que représente l’érosion de la biodiversité pour les entreprises. Selon elle, cette crise engendre des impacts multiples : perturbations des chaînes de valeur, pertes d’infrastructures naturelles essentielles, risques réglementaires et atteintes à la réputation. Elle a également souligné les conséquences directes sur les moyens de subsistance et la qualité de vie des communautés locales.

Face à cette situation, les entreprises sont de plus en plus appelées à intégrer la protection du vivant dans leurs stratégies. Plusieurs initiatives ont ainsi été présentées pour mobiliser le secteur privé et renforcer les synergies avec la société civile et les institutions académiques.De son côté, Marie-José Payet, consultante en appui à la formation des coachs relais biodiversité, a plaidé pour une approche collaborative. « Nous devons agir ensemble : agriculture, entreprises, gouvernements et société civile. Il faut intégrer la biodiversité dans toutes nos décisions et valoriser nos ressources locales », a-t-elle déclaré, estimant que les outils existent déjà, mais nécessitent une mise en œuvre effective.

Le financement des projets et l’accompagnement des entreprises

Les discussions ont également porté sur les normes, la qualité et la labellisation, présentées comme des leviers essentiels de compétitivité et de coopération. Ces éléments apparaissent déterminants pour permettre aux entreprises de la région de mieux s’intégrer aux marchés internationaux. Inspecteur à l’office comorien de normalisation et de la météorologie, Salim Ibouroi explique que l’accréditation des laboratoires nationaux par des instances de renommée mondiale facilitera l’évaluation de la conformité et la certification des produits locaux, tant en termes de coût que de temps. 

Il a insisté sur le fait que l’infrastructure qualité donnera davantage de visibilité aux produits comoriens et favorisera leur intégration sur les marchés continentaux et internationaux. Elle garantira également, selon lui, la sécurité et la confiance des consommateurs grâce à la certification et à la labellisation des produits comoriens. «Ces trois axes sont étroitement liés, même si nous sommes encore dans une phase de mise en place, des normes constituant le fondement de l’infrastructure qualité, intégrant la métrologie et l’accréditation dans le processus de normalisation», a-t-il souligné.


Dans un contexte mondial marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques, la résilience des économies insulaires s’impose comme une priorité. Ainsi que le thème de la science à l’action qui consiste à déployer une stratégie d’adaptation fondée sur les écosystèmes.Si les idées et les initiatives ne manquent pas, la question de leur concrétisation demeure. Le financement des projets, l’accompagnement des entreprises et la coordination entre les pays de la région figurent parmi les principaux défis à relever. Cette deuxième journée marque ainsi un tournant, en mettant l’accent sur des pistes concrètes de développement. Reste désormais à transformer ces engagements en actions durables, capables de générer un impact réel pour les économies de l’Océan Indien.