La 15e édition du Forum économique des îles de l’Océan indien réunit plus de 400 acteurs publics et privés pour renforcer la coopération régionale. Autorités comoriennes, partenaires internationaux et secteur privé appellent à transformer les ambitions en projets concrets au service d’une croissance durable et intégrée dans la zone Océan indien.
Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, a officiellement ouvert hier à Moroni la 15e édition du Forum économique des îles de l’Océan indien (Feioi) en présence du président de l’Assemblée de l’Union, Moustardroine Abdou, du ministre de l’Economie, Moustoifa Hassane Mohamed et du président de l’Uccia, Chamsoudine Ahmed, président en exercice de Cap Business Océan indien, de nombreux membres du gouvernement et de représentants d’organisations internationales.
Ce grand évènement économique régional réunit, du 27 au 29 avril, plus de 400 acteurs publics et privés venus de la zone Océan indien et de l’Afrique. Placé sous le signe du renforcement des synergies régionales, cet événement ambitionne de dynamiser la coopération économique et de faire émerger des partenariats concrets dans des secteurs stratégiques. La cérémonie d’ouverture a été marquée par une session protocolaire ponctuée d’interventions officielles et d’une présentation des opportunités d’investissement aux Comores.
La valorisationdes forces endogènes
A l’occasion, le président Azali Assoumani a, dans son discours d’ouverture, donné le ton de cette 15e édition. Il a exprimé son «grand plaisir» de présider cette cérémonie, soulignant que le développement économique « n’est pas une simple affaire de chiffres, mais un engagement de priorité nationale, régionale et internationale ». Profitant du contexte où l’Union des Comores assure la présidence de la commission de l’Océan indien, le chef de l’Etat a insisté sur la responsabilité des États comme garants de la stabilité, tout en rappelant que les entrepreneurs et acteurs du secteur privé restent «les véritables moteurs de la croissance et de la création d’emplois, notamment pour les jeunes».
Évoquant un contexte mondial marqué par des tensions persistantes au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique, le chef de l’État a averti que ces crises ne sont pas uniquement géopolitiques, mais qu’elles affectent directement les économies insulaires, entraînant « une hausse des coûts et une perte de compétitivité». Face à ces chocs, il a plaidé pour une réponse collective fondée sur la coopération régionale, appelant à «bâtir des boucliers régionaux», à mutualiser les ressources logistiques et à sécuriser les circuits d’importation et d’exportation.
Le président a également mis l’accent sur la valorisation des forces endogènes de la région, notamment l’agriculture durable et les produits de rente tels que la vanille, le girofle et les huiles essentielles. Il a insisté sur «la nécessité de développer leur transformation locale, leur labellisation et leur durabilité, afin d’en faire de véritables moteurs de croissance et de création d’emplois pour la jeunesse».
Pour sa part, le président de Cap business Océan indien, Chamsouddine Ahamed, a souligné le caractère particulier de cette édition. «Ce forum se tient à un moment charnière pour notre pays et pour notre région», a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de transformer les intentions en projets concrets à fort impact. Il a également mis en avant le rôle central de l’intelligence collective face aux défis actuels, notamment les crises géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie et les enjeux de sécurité alimentaire.
De son côté, le ministre de l’Économie, Moustoifa Hassani Mohamed, a appelé à passer d’une intégration régionale de principe à une intégration effective. Il a rappelé que le commerce extérieur représente près de la moitié du Pib des Comores, tout en soulignant la faiblesse des exportations face à des importations dépassant les 530 millions de dollars par an. «Notre potentiel est immense, mais encore largement sous-exploité », a-t-il affirmé, plaidant pour la création d’un véritable marché régional intégré.
Des panels, rencontres B2B et des discussions sectorielles
Le directeur de l’Agence française de développement (Afd), Thierry Liabastre, a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés du secteur privé régional. Il a rappelé les programmes successifs de soutien, totalisant plusieurs millions d’euros depuis 2014, visant à renforcer les capacités commerciales et à accompagner la transition écologique. « Investir dans une économie plus verte et inclusive, c’est investir dans la résilience de nos territoires », a-t-il souligné.
Après la cérémonie officielle, le premier panel a été ouvert par le ministre Moustoifa Hassane Mohamed. La directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anpi), Nadjati Soidiki, reviendra sur l’opportunité offerte par ce forum pour repositionner les Comores comme destination attractive.
Elle a évoqué la nécessité de développer des filières communes et de renforcer les échanges intra-régionaux, actuellement estimés à seulement 3%. Elle a également mis en avant les atouts du pays, notamment son potentiel encore largement inexploité et les opportunités liées aux projets d’infrastructures.
Enfin, la présidente de l’Opaco, Sitti Djaouharia Chihabiddine, a rappelé l’importance de ces rencontres pour les opérateurs économiques. Selon elle, le forum constitue un espace privilégié pour échanger sur les difficultés communes, mutualiser les ressources et développer des stratégies collectives face aux défis partagés, notamment le changement climatique.
A travers les panels, rencontres B2B et discussions sectorielles, cette 15e édition du Feioi entend poser, selon les organisateurs, les bases d’une coopération renforcée et d’une intégration économique plus fluide entre les îles de l’océan Indien. Les échanges entre acteurs économiques se poursuivent encore ce matin à l’hôtel Le Retaj.




