Le ministre des Finances, du Budget et du Secteur bancaire, Moussa Abderemane, a pris part à la 51e Assemblée annuelle de la Banque islamique de développement (BID), organisée du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en République d’Azerbaïdjan. À la tête d’une importante délégation comorienne, il a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs responsables de haut niveau, notamment le ministre saoudien des Finances, le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères ainsi que le vice-président de la BID.
Placée sous le haut patronage du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et organisée autour du thème «L’intégration régionale pour une prospérité durable », cette rencontre a réuni plus de 4 400 participants venus de 78 pays. Selon les organisateurs, 32 réunions de haut niveau ont été consacrées à des questions stratégiques telles que le commerce, l’énergie, le climat, la sécurité alimentaire et la transformation numérique.
Il s’agit de la deuxième fois que l’Azerbaïdjan accueille les Assemblées annuelles du Groupe de la BID après l’édition de 2010. «Ce qui constitue également une démonstration claire de la proximité de nos relations, du niveau de notre coopération et de l’ampleur de nos activités conjointes », assure le président Ilham Aliyev, dans son allocution prononcé lors de la cérémonie d’ouverture des travaux des Assemblées générales du groupe de la BID.
«Cette Réunion annuelle a également donné un élan important à notre partenariat avec le Groupe, ainsi qu’aux réformes mises en œuvre par l’Azerbaïdjan afin de diversifier son économie, de mener des réformes et de réduire la dépendance au secteur énergétique», a-t-il soutenu, louant la stabilité aussi bien politique qu’économique dont bénéficie son pays.
L’Azerbaïdjan met en avant sa stabilité économique
«Là où la stabilité est compromise, il ne peut être question de développement», alerte-t-il, s’émerveillant de la place que son pays occupe dans le concert des Nations, lui offrant l’opportunité d’accueillir des évènements internationaux, tels que la COP29, tenue en 2024, le Forum urbain mondial du mois dernier, entre autres.«Cela démontre une fois de plus la diversification de notre agenda d’activités.
L’Azerbaïdjan est devenu un acteur important sur la scène énergétique mondiale, en initiant, finançant et mettant en œuvre des projets d’infrastructures énergétiques de grande envergure», a-t-il attesté, affirmant que la politique d’investissement menée par son pays a permis d’attirer des milliards d’investissements dans différents secteurs.
«Cela a exigé énormément d’efforts, de la diplomatie, une conduite politique appropriée, de bonnes relations avec les voisins, avec les voisins de nos voisins, du financement, une bonne réputation et une économie résiliente. La combinaison de ces facteurs a permis à l’Azerbaïdjan de devenir aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs d’énergie», a-t-il défendu.
«Le développement économique de l’Azerbaïdjan a été positif et, comme je l’ai indiqué, l’économie est stable. Nous avons réussi à attirer plus de 350 milliards de dollars d’investissements directs, dont près de la moitié proviennent de sources étrangères au cours des 20 dernières années », concède-t-il, rassurant que leurs plans d’investissement se poursuivent, convaincu que les investisseurs recherchent de la stabilité.
«Durant la réunion, de nombreux accords seront signés afin de donner une impulsion à de nouveaux projets d’infrastructures, lesquels, à leur tour, généreront une valeur ajoutée dans le secteur non pétrolier», indique-t-il, persuadé qu’un faible niveau de dette extérieure constituera un avantage important. Prenant à son tour la parole à l’ouverture de la réunion, Muhammad Sulaiman al-Jasser, président du Groupe de la BID a mis en avant «le succès» de l’organisation depuis l’adhésion de l’Azerbaïdjan à la Banque en 1992, ajoutant que la coopération s’est raffermie avec des résultats tangibles.
«Le Groupe de la Banque islamique de développement a approuvé un financement d’environ 1,8 milliard de dollars américains pour 84 projets dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et des services sociaux», a-t-il rappelé. Et lui d’énumérer les projets financés par la Banque en Azerbaïdjan, citant le chemin de fer Bakou–Tbilissi–Kars et la zone de libre-échange d’Alat qui, d’après-lui, «ne sont pas seulement des projets nationaux, ils constituent des artères essentielles du commerce régional et incarnent pleinement le thème de nos Assemblées annuelles».
Face aux crises mondiales, la BID augmente ses financements
M. Sulaiman al-Jasser d’alerter sur l’inflation, les conflits et les perturbations des chaînes d’approvisionnement à l’international mettant à rude épreuve les objectifs du groupe en matière d’intégration régionale et de prospérité partagée.
« Bien que la croissance économique dans nos pays membres soit projetée au-dessus de la moyenne mondiale et de celle des marchés émergents, cet indicateur global ne reflète pas pleinement les réalités difficiles auxquelles sont confrontées les économies les plus vulnérables», a-t-il nuancé, conduisant la Banque à procéder à une augmentation de 20% des approbations de financement atteignant environ 16 milliards de dollars américains.
«Mais les engagements ne suffisent pas à eux seuls, les résultats dépendent de leur mise en œuvre. C’est pourquoi nous avons renforcé nos mécanismes d’exécution et porté les décaissements de 9,2 milliards de dollars américains en 2024 à 11 milliards en 2025», a-t-il soutenu.
«Au sein de la Banque islamique de développement, 5,7 milliards de dollars de financements approuvés ont été orientés vers des secteurs prioritaires, dont 46 % pour les transports et la connectivité, 20 % pour l’eau et les services urbains, et 16 % pour la santé», a-t-il informé.
Cinq ans après son élection à la tête de l’institution, le président du Groupe de la BID, se montre satisfait des résultats des engagements qu’il les avait pris, malgré le contexte sanitaire et conflictuel qui ont suivi son mandant et dont certains pays membres ont été directement touchés.
«Face à ces défis, nous avons choisi d’agir plutôt que d’attendre avec prudence. Nous avons élargi nos opérations, car les communautés que nous servons ne pouvaient se permettre de retards», a-t-il soutenu, affirmant que les résultats ont été éloquents.
«Nous avons plus que doublé les approbations de financement annuelles du Groupe, passant de 6,8 milliards de dollars en 2020 à près de 16 milliards de dollars en 2025. Dans le même temps, les décaissements ont augmenté, passant de 7,1 milliards à 11 milliards de dollars américains», a-t-il avancé.
A noter qu’au total, 67 accords représentant 6 milliards de dollars ont été signés lors de ces Assemblées, et 2,8 milliards de dollars de nouveaux financements ont été approuvés pour neuf projets dans plusieurs pays membres. Le 14ème Forum du secteur privé, organisé en marge de cette réunion a réuni plus de 1 400 participants issus de 60 pays, débouchant sur 32 accords et plus de 250 rencontres entre acteurs publics et privés.




