La nouvelle banque créée par l’Etat se lance petit à petit avec assurance. La direction promet d’étendre les services de l’établissement pour permettre à celui-ci de bien s’enraciner dans le paysage bancaire national. Rajeunissement du personnel, nouveaux modes d’organisation ou encore déploiement d’outils et de moyens innovants de gestion de la clientèle, la Bpc souhaite « tourner l’ère Snpsf » pour pouvoir revendiquer le statut d’une banque à part entière.


Trois semaines après son inauguration, le journal Al-watwan a fait une visite en forme d’immersion au siège de la Banque postale des Comores (Bpc). Dans ce bâtiment ayant fait peau neuve, l’ambiance se fait ressentir dans un environnement calme. À l’entrée, le bâtiment a gardé son architecture ancienne, cependant l’aménagement dépasse l’émotion de la satisfaction avant le service au fond. Un espace clientèle doré, des agents de sécurité dont rien ne passe inaperçu constate une banque en pleine innovation avec des travaux en plein régime.
Salim Ahmed Djoumoi, natif de Singani ya Hambuu et client de la Bpc, contemple les murs et inspecte les baies vitrées derrière lesquelles se trouvent des guichetiers en tenues reconnaissables de banquiers. Venant tout juste de consulter le solde de son compte, il note «une beauté exceptionnelle du siège, un accueil chaleureux et des guichets assez nombreux ».

Un bâtiment flambant neuf en deux ans

À la différence de l’ancien Snpsf. Malgré tout cela, Salim déplore «un retard» pour accueillir le client et «un espace limité» pour s’assoir. «Je trouve que le service est accueillant, le personnel souriant et une belle décoration. Malgré cela, il y a des retards pour servir les clients. Par exemple, pour passer du numéro 129 à 132, on a presque fait 20 minutes, pourtant, il n’y a pas assez de monde. Je crois que pendant la période de flux clientèle, comme la période de paiement, il y a un risque de s’assoir au bord de la route pour attendre son tour, sauf si Bpc rouvre les anciennes annexes de la Snpsf avec plus de Gab (Guichet automatique de billets) », raconte ce client.


Même son de cloche pour le directeur du collège public Mbueni qui tient tout de même à saluer la préservation du patrimoine culturel avec l’architecture de l’institution. Pour la deuxième fois qu’il pose son pied à la banque, le directeur mentionne en particulier « un rajeunissement du personnel de la banque» et une «systématisation des tickets avec une simplicité efficace». Faridi Norbert a saisi l’occasion pour appeler les clients qui veulent toujours passer avant les autres, à se comporter de manière civique et à ne pas tricher avec les numéros. Au-delà de ses appréciations, il insiste sur les places aménagées pour s’assoir. Pour lui, elles ne sont pas suffisantes.Pour sa part, la directrice générale de la boîte, Hayatti Nasserdine Soulé, a tout d’abord tenu à préciser que la Bpc est tout une nouvelle institution bancaire souveraine décidée par l’Etat contrairement à ce que certains évoquent en disant qu’elle remplace la Snpsf. 

Une nouvelle institution bancaire souveraine

Parmi les objectifs de cette nouvelle institution, la patronne de la boite citera l’obligation de bancariser tout citoyen comorien quel que soit son statut ou ses revenus, car «sur une estimation de 1 millions d’habitants, près 72% n’ont pas de compte bancaire». Hayatti Nasserdine a cité, parmi les innovations mises en place par sa banque, un nouveau produit dénommé «solidarité santé plus». Ce dernier permet aux employés de se faire soigner gratuitement. Elle citera également l’amélioration du service sanitaire public, la mise en place de Gab innovant plus les agences régionales.


Concernant les agences régionales de la Snpsf qui sont fermées, la directrice a fait savoir qu’après la scission de la Snpsf, une part des actifs a été léguée à la nouvelle institution. Après son ouverture récente, l’urgence est actuellement de réhabiliter les principales agences insulaires de la Bpc, au moins une par île qui aura les normes bancaires contrairement à la poste. «Nous avons, dans un délai de trois ans, une priorité de réhabiliter progressivement 14 agences confiées à la Bpc. Nous avons également, comme objectif, une politique de lier la culture comorienne à la modernité technologique afin de créer une banque souveraine tout en allant vers le citoyen et recouvrir l’économie informelle. La Bpc prévoit aussi d’étendre les services», a-t-elle fait savoir. Par rapport aux doléances exprimées par la clientèle, la directrice générale appelle cette dernière à accorder du temps à la banque pour pouvoir créer et mettre en place les services adéquats. 

Un déploiement progressif des services de l’institution

Elle a expliqué que la Bpc a vite pris service grâce à «la confiance de l’Etat, d’une partie du portefeuille de la Snpsf et de sa clientèle, du personnel, mais aussi aux dossiers de crédit à la Bpc pour maintenir les activités». Cela dit, après la transition, il faudra du temps pour répondre aux besoins. Insistant que «la Bpc n’est pas la Snpsf», Hayatti Nasserdine a expliqué toutefois que les services se déploient progressivement dans son institution.  


Lors de la visite guidée des lieux, la directrice nous a montrés six guichets personnalisés, «trois agences de transfert fermant à 21h chaque jour, un espace Vip premium pour les opérations de haute envergure limitant le temps d’occupation des guichets, un autre espace Vip pour les grands déposants avec dépôt systématiquement rapide, d’autres guichets pour l’ensemble des clients, un système de gestion des files d’attente avec des tickets par téléphone ou WhatsApp permettant de savoir quand se rendre au guichet plus le manuel, des Gab acceptant toutes les cartes bancaires». La patronne de la Bpc a cité également «la construction à l’intérieur du bâtiment du service back office, l’espace médical, le service juridique, une mosquée et le restaurant de l’entreprise».