L’institution semble ainsi engagée dans une dynamique de réformes et de consolidation financière, avec pour ambition de renforcer durablement le système de protection sociale au bénéfice des affiliés. Les cotisations ont connu un bond de « 100,65% » entre août 2025 et janvier 2026, comparés aux chiffres enregistrés il y a un an à la même période.

 

Le directeur général de la Caisse nationale de solidarité et de prévoyance sociale (Cnsps) a tenu une conférence de presse, hier mardi 24 février, dans les locaux de l’institution, pour présenter le bilan de l’année écoulée et annoncer les perspectives à venir.
Profitant de cette occasion, Ali Mliva Youssouf a adressé ses vœux du mois sacré de Ramadan à la population, tout en réaffirmant l’importance du rôle des employeurs dans le fonctionnement de la caisse et la vie des bénéficiaires.

«La caisse existe parce que nous avons de bons employeurs. Sans eux, elle n’existerait pas. Notre politique est fondée sur une collaboration étroite avec nos premiers partenaires que sont les employeurs. Nous sommes là pour les écouter et les accompagner, pour le bien de la caisse et celui des employés», a-t-il déclaré. À la tête de l’institution depuis août 2025, Ali Mliva Youssouf dresse «un bilan positif» de ses six premiers mois de gestion. Selon lui, des progrès «notables et chiffrés» ont été réalisés. 

Un redressement financier «notable»

Comparativement aux périodes août 2024 janvier 2025 et août 2025 janvier 2026, les recettes ont connu «une hausse significative», atteignant «un coefficient de progression de 100,61 %». En six mois, la caisse a mobilisé plus de «100 millions de francs comoriens» supplémentaires, soit pratiquement le double des performances précédentes. Ces résultats ont d’ailleurs été présentés au président de la République, qui a pris connaissance de la situation réelle de l’institution depuis la prise de fonction du nouveau directeur. « Je ne peux que me féliciter et féliciter également mes équipes. Ces résultats sont le fruit d’un travail collectif», a-t-il souligné.


Le directeur général rappelle avoir pris les commandes de la caisse dans une période marquée par une situation financière difficile et un endettement important. Toutefois, grâce à «une gestion rigoureuse» et à la mise en place de nouvelles stratégies, l’institution est progressivement sortie de la «zone rouge». Deux axes majeurs ont été développés : une politique renforcée de recouvrement des cotisations et une stratégie d’affiliation accélérée des employeurs non encore inscrits. Le directeur rappelle que l’affiliation à la caisse est une obligation légale, et non une option laissée à l’appréciation des employeurs. Des mesures sont donc engagées pour identifier et régulariser les entreprises non conformes. À ce jour, «quatre sociétés ont commencé à régulariser progressivement leur situation».


La Cnsps est membre fondateur de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (Cipres), ce qui confère à l’institution une responsabilité régionale. Le directeur général affirme sa volonté d’élever la caisse au niveau des institutions sœurs de la région et de renforcer ses performances. «Ma vision est de faire émerger cette caisse et de la hisser au même niveau que les caisses de la région», a-t-il déclaré.

Nouvelles perspectives et partenariats

Parmi les avancées annoncées figurent l’établissement de nouveaux partenariats dans le domaine sanitaire : Une collaboration avec un hôpital à Madagascar et un partenariat imminent avec l’Hôpital El-Maarouf. Ces accords permettront «une meilleure prise en charge des travailleurs victimes d’accidents », qui pourront être pris directement vers les structures partenaires avec une couverture assurée par la caisse.

 Les efforts entrepris ont suscité des réactions positives, notamment du secteur bancaire. Afg Bank s’est déplacée pour féliciter la direction pour « les progrès enregistrés ». Ali Mliva Youssouf se dit confiant quant à l’avenir de l’institution : «Dès ma prise de fonction, j’ai promis de redresser la caisse. Alhamdoulillah, nous sommes sur la bonne voie».