La Banque africaine de développement et le Mcdf se disent prêts à accompagner les Comores dans les études de faisabilité d’un projet stratégique destiné à renforcer la connectivité, la digitalisation et les services publics.

 

Le ministre des Finances, du Budget et du Secteur bancaire, Moussa Abderemane, a tenu le lundi 10 août dernier une réunion technique en visioconférence avec des représentants de la Banque africaine de développement (Bad) et du Mcdf (Multilateral Cooperation Center for Development Finance, ou Centre multilatéral de coopération pour le financement du développement). Le sujet a été le projet de connectivité numérique porté par le gouvernement, à travers l’Agence nationale de développement du numérique (Anaden).


La réunion, à laquelle ont également participé le directeur de l’Anaden et une représentante du Secrétariat général du gouvernement, avait notamment pour objectif de présenter le Mcdf, appelé à financer, sous forme de subvention, les études de faisabilité du projet.
Moussa Abderemane a réaffirmé la priorité accordée par le gouvernement à la transformation numérique et à la digitalisation de l’économie. «J’ai récemment eu une réunion avec l’équipe de la Banque à l’occasion de la présentation du rapport pays annuel, au cours de laquelle nous avons également abordé cette question. J’ai réaffirmé l’importance que nous accordons au renforcement de la digitalisation, notamment de notre économie», a-t-il déclaré. Pour le ministre, le développement du paiement électronique constitue l’un des principaux objectifs. «Cela contribuerait à renforcer la collecte des recettes publiques, à limiter l’évasion fiscale et, surtout, à sécuriser les recettes de l’État», a-t-il assuré.

Trois axes prioritaires

Moussa Abderemane considère ainsi l’infrastructure numérique comme un investissement stratégique. «Il s’agit en effet de l’un des investissements les plus importants et les plus coûteux. C’est donc une réelle opportunité de pouvoir échanger avec vous et avec l’Anaden, qui a précisément la charge de l’infrastructure numérique de l’État, notamment dans le cadre du développement de l’e-gouvernement», a-t-il soutenu. Le ministre a également indiqué que le gouvernement était disposé à poursuivre les discussions pour «définir ensemble les modalités permettant de concrétiser ce projet, qui constitue pour nous une priorité en matière de transformation numérique et de modernisation de l’action publique».


La Bad a indiqué que le projet correspondait à ses priorités en matière de digitalisation et de connectivité. Il vise notamment à développer les services publics numériques, favoriser l’émergence des start-up et soutenir le secteur numérique comorien. L’institution rappelle avoir déjà accompagné l’Anaden dans la mise en place d’un data center. Le nouveau projet devrait également contribuer à réduire les coûts de connexion. «À l’heure actuelle, les coûts de connexion aux Comores restent relativement élevés. Grâce à cette subvention, nous estimons pouvoir contribuer à leur réduction et, par conséquent, améliorer l’accès aux services numériques», a expliqué son représentant. 


Trois composantes sont envisagées : le renforcement de la connectivité et de la digitalisation, l’approfondissement des études de faisabilité du projet de data center piloté par l’Anaden et l’amélioration de la connectivité entre les îles de l’Union des Comores. «Pour la mise en œuvre de ces différentes activités, nous avons fait le choix de travailler avec le Mcdf. C’est pourquoi nous sommes particulièrement ravis d’avoir déjà pu engager des échanges préliminaires autour de ces études de faisabilité», a-t-il affirmé.

Le Mcdf confirme son intérêt

Le représentant du Mcdf a, de son côté, confirmé l’intérêt de son institution pour le projet. Créé avec plusieurs pays partenaires, dont la Chine et l’Arabie saoudite, et ayant récemment accueilli le Kenya, le fonds soutient des projets structurants dans les infrastructures et la connectivité, en collaboration avec des banques de développement. Le Mcdf se dit disposé à accompagner la préparation des études de faisabilité. 


Il a toutefois souligné que l’engagement des autorités comoriennes sera déterminant pour permettre la présentation du projet à son Conseil d’administration. La participation du ministre des Finances et de l’équipe technique comorienne a été considérée comme un signal positif. «Nous espérons sincèrement que ce projet dépassera le stade des études de faisabilité et qu’il pourra aboutir à des réalisations concrètes sur le terrain, au bénéfice direct des populations comoriennes et du développement du pays», a-t-il déclaré. Il a également salué «le sérieux, le professionnalisme et l’efficacité» de l’équipe comorienne, estimant que les différentes composantes du projet sont «pertinentes et bien structurées».