Face aux plaintes récurrentes sur la vie chère, le directeur général du Commerce intérieur, Abdillah Said Abdou, précise les règles qui encadrent les prix aux Comores. Il revient sur les produits les plus surveillés, l’impact du transport international, la spéculation, les contrôles et les sanctions prévues en cas d’abus.
Qui fixe les prix aux Comores et sur quelle base sont-ils déterminés ?
D’une manière générale, les commerçants fixent les prix en fonction du prix de revient des produits, auquel ils ajoutent leur marge bénéficiaire. Toutefois, les produits de première nécessité (Ppn) font l’objet d’un traitement particulier, puisqu’ils bénéficient d’un taux réduit au niveau de la douane.
Leurs prix sont ainsi encadrés par l’article 5 de la loi n° 13-014/AU du 26 décembre 2013 relative à la concurrence, qui constitue le principal cadre légal permettant d’encadrer et, dans certaines situations précises, de fixer un prix plafond pour les Ppn.
Quels sont les produits dont les prix connaissent actuellement les plus fortes variations et pourquoi ?
On peut compter des produits comme le riz, l’huile, le ciment, le pétrole et les cigarettes. Pour le riz c’est parce que c’est un produit consommé quotidiennement et le ciment connaît pour sa part une forte demande. Pour ce qui est du pétrole et les cigarettes cela est l’objet d’un phénomène de spéculation.
Dans quelle mesure les importations, le coût du transport et les fluctuations des prix internationaux influencent-ils les prix aux Comores ?
Les plus grands impacts viennent du transport international, mais aussi des assurances et de l’augmentation des coûts liés au trajet des bateaux. Ces derniers font directement augmenter la valeur du produit à son arrivée. Toutefois, pour les Ppn, les prix sont encadrés par l’État. Mais, pour les autres, c’est la loi de la concurrence qui s’applique. Bien sûr, tout cela avec des contrôles destinés à éviter les pratiques abusives.
Comment la Direction générale du commerce intérieur surveille-t-elle l’évolution des prix dans les marchés et les commerces ?
Souvent, on effectue des contrôles inopinés sur place afin de vérifier notamment l’affichage des prix et la facturation, avec une attention particulière portée aux Ppn.
À quelle fréquence ces contrôles sont-ils effectués et dans quelles zones intervenez-vous ?
Les contrôles sont effectués fréquemment dans les capitales des îles. Mais nous intervenons également, de temps en temps, dans le milieu rural avec l’objectif de couvrir l’ensemble du territoire national.
Que se passe-t-il lorsqu’un commerçant vend un produit au-dessus du prix fixé ou pratique des prix abusifs ?
Lorsqu’il y a une vente au-dessus du prix fixé pour les Ppn, le commerçant s’expose à des sanctions. Par contre pour les autres produits, c’est le marché qui détermine les prix, conformément à la loi de la concurrence.
Combien de commerçants ont été contrôlés depuis le début de l’année 2026 ?
873 commerçants ont été contrôlés depuis janvier 2026 selon les données des services de recouvrement et du contentieux.
Les consommateurs signalent-ils régulièrement des hausses ou des pratiques abusives ? Comment peuvent-ils vous saisir ?
Les consommateurs peuvent signaler les cas de spéculation, notamment sur des produits comme le pétrole ou les cigarettes. La Direction dispose de numéros de contact par lesquels ils peuvent nous joindre et transmettre leurs signalements.




