Le ministère des Finances a présenté ses réformes financières, les instruments de la transparence budgétaire, les mesures de mobilisation des recettes et la situation de la dette publique, lors d’un échange avec les journalistes sur ses principaux défis actuels.

 

Le ministère des Finances a organisé, hier mardi 15 septembre à l’hôtel Le Retaj, un café de presse consacré aux finances publiques, sous le thème «Discipline et gestion budgétaires». Le ministre Moussa Abderemane était entouré de plusieurs responsables de l’administration financière, dont le directeur général des Douanes, Djaanfar Salim Allaoui, le directeur général des Impôts, Athoumani Abdou Mmadi, la directrice générale du Budget, Hadidja Mohamed Daroueche et le directeur général de la Dette publique, Nour Allah Alnour Assik.
Les échanges ont porté sur les réformes engagées, la mobilisation des recettes, l’acompte sur impôt à l’importation, la discipline budgétaire et l’endettement de l’État. 


Le ministre a toutefois insisté sur la nécessité d’améliorer parallèlement la qualité de la dépense publique, en renforçant la programmation et le suivi de l’exécution budgétaire. Des dispositions sont toutefois envisagées pour limiter son impact sur les prix. Il a également évoqué la simplification de la fiscalité et l’intégration progressive du secteur informel dans l’assiette fiscale. «L’un des principaux axes de la réforme concerne l’amélioration de la mobilisation des ressources intérieures. L’objectif ne consiste pas uniquement à augmenter les recettes fiscales et douanières, mais à construire un système plus efficace, plus équitable et plus transparent», a déclaré Moussa Abderemane.


Le gouvernement entend élargir l’assiette fiscale, améliorer le recouvrement et réduire les déperditions de recettes. «Les Comoriens ont le droit de savoir comment les ressources publiques sont mobilisées et comment elles sont utilisées», a-t-il ajouté, avant de rappeler le rôle de la presse dans l’information et le débat public. Le directeur général des Douanes a expliqué la décision de porter de 1 % à 10 % l’acompte sur impôt à l’importation, une mesure contestée par les organisations représentatives du secteur privé. Selon lui, cet acompte consiste surtout à réparer «une injustice», rappelant que ce mécanisme cible ceux qui échappent aux services des impôts et vise à renforcer la mobilisation des recettes et le recouvrement fiscal.

Acompte sur impôt et dette publique 

La dette publique a également occupé une place importante dans les échanges. Le directeur de la Dette publique, Nour Allah Alnour Assik, a indiqué que l’encours de la dette de l’administration centrale atteignait 219 765 millions de francs à fin mars 2026, soit une hausse de 1,95 % par rapport à décembre 2025. «Cette progression résulte principalement de l’augmentation de la dette extérieure, qui passe de 176 900 millions à 180 354 millions, tandis que la dette intérieure recule légèrement, de 40 568 millions à 39 411 millions», a-t-il précisé. Le taux d’endettement public s’établissait à 27,6 % du Pib en 2025, contre 30,3 % en 2024.

 

Ce niveau demeure inférieur au seuil de 70 % retenu pour les pays de la zone franc. La directrice du Budget a rappelé le processus d’élaboration, d’exécution et de contrôle du budget de l’Etat.  Hadidja Mohamed Daroueche a estimé que la réforme ne pouvait relever du seul ministère des Finances. Elle doit associer l’ensemble de l’administration, les acteurs économiques, les partenaires sociaux et techniques, ainsi que les citoyens. «La réussite du processus dépendra ainsi de la capacité collective à instaurer une véritable culture de responsabilité dans la gestion des ressources publiques», a-t-elle déclaré.


Le directeur général des Impôts a enfin mis l’accent sur le civisme fiscal. Il a appelé à mieux sensibiliser les contribuables à leurs obligations, tout en privilégiant une approche pédagogique contre la fraude. Athoumani Abdou Mmadi a promis «une série de mesures et de réformes» pour élargir l’assiette fiscale «dans le dialogue et la transparence» avec l’ensemble des contribuables. Les échanges ont permis de bâtir «un pont» entre le ministère des Finances et la presse.