Le ministre des Finances, Moussa Abderemane, a présenté mardi 3 novembre devant la commission des finances de l’Assemblée de l’Union les principaux ajustements du projet de loi de finances rectificative 2026, marqué notamment par une révision des prévisions de croissance et une hausse des dépenses de fonctionnement et d’investissements.
Mardi 3 novembre, le ministre des Finances, Moussa Abderemane, accompagné de la directrice générale du Budget, du trésorier-payeur général et de plusieurs collaborateurs, a été reçu par la commission des finances de l’Assemblée de l’Union. La rencontre a été consacrée à la présentation de l’exposé des motifs du projet de loi de finances rectificative (Lfr) pour l’exercice 2026.
Le ministre a détaillé les principaux ajustements proposés dans ce texte. Cette révision intervient dans un contexte économique marqué par le ralentissement de la croissance mondiale, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la hausse des coûts des produits importés, notamment l’énergie et les matières premières. Sur la situation nationale, le ministre a indiqué que « sur le plan national, l’activité économique s’appuie sur la consommation privée, la reprise progressive du secteur touristique et l’exécution des projets d’infrastructures publiques ».
Les nouvelles projections macroéconomiques font état d’une croissance économique de 3,1%, contre 4,6 % initialement prévus. L’inflation devrait se situer autour de 3%, contre une prévision initiale de 2,1 %. Le solde primaire est désormais estimé à -1,17 % du Produit intérieur brut (Pib), contre -1,02 % auparavant. Quant à la pression fiscale, elle devrait atteindre 8,23 %, contre 8,9 % dans les prévisions initiales. Moussa Abderemane a expliqué que cette révision budgétaire s’explique notamment par les difficultés de mobilisation des recettes intérieures, les contraintes liées au financement des investissements publics et la nécessité de prendre en compte de nouvelles dépenses.
Le gouvernement a revu sa copie en augmentant les previsions de recettes tout comme les previsions des depenses. La loi de finances initiale (Lfa) prevoyait des recettes globales de 129,33 milliards dont 82,44 de recettes interieures et 46,89 milliards de recettes exterieurs. Pour l’exercice 2026, les prévisions de recettes totales, établies dans la la loi de finances rectificative (Lfr) s’élèvent desormais à 143,14 milliards de francs comoriens, soit “une progression de 10,68 %” par rapport aux prévisions initiales, selon les chiffres présentés par le ministre. Dans le détail, les recettes intérieures sont desormais estimées à 78,50 milliards de francs comoriens, en baisse de 4,78 % par rapport aux prévisions initiales. À l’inverse, les recettes extérieures devraient atteindre 64,64 milliards de francs comoriens, soit une augmentation de 37,85 %.
Du côté des dépenses, le projet de loi de finances rectificative (Lfr) prévoit une enveloppe globale de 156,60 milliards de francs comoriens, contre 133,43 milliards dans le budget initial, soit une hausse de “17,36 %”. Dans le detail, les depenses de la loi initiales (Lfa) étaient de 89,57 milliards de francs. Les nouvelles depenses interieures contenues dans la loi de finances rectificatives (Lfr) sont de l’ordre de 90,70 milliards, soit une hausse de 11,23%. Les depenses en capital ont été estimées à 43,86 milliards dans la loi initiale (Lfa). Elles sont desormais de l’ordre de 65,90 milliards dans la loi de finances rectficatve (Lfr), soit une hausse de 8,16%.
Selon le ministre, cette augmentation s’explique principalement par l’acquisition des équipements du Centre hospitalier universitaire (Chu), la construction des villages des Jeux des îles de l’océan Indien, la prise en charge des dépenses liées aux comptes d’affectation spéciale ainsi que la subvention accordée à la Société comorienne des hydrocarbures. Le financement du Programme d’investissement public (Pip) est, pour sa part, estimé à 77,93 milliards de francs comoriens. Sur cette enveloppe, 19,03 milliards seront couverts par des fonds propres.



