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Plan d’accompagnement aux opérateurs économiques - Amine Kalfane : «Cette aide de l’Etat est bénéfique pour l’économie»

Plan d’accompagnement aux opérateurs économiques - Amine Kalfane : «Cette aide de l’Etat est bénéfique pour l’économie»

Économie | -   Nassila Ben Ali

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Le patron du groupe Agk et de Malagasy Spices vient de se voir confier la gestion de l’aéroport de Mananara, un district de la région d’Analanjirofo, situé au Nord-Est de Madagascar. Confirmant l’information, Amine Kalfane a souligné l’importance de gérer cet aéroport d’une région riche en produits de rente, un aéroport qui aidera la population dans le cadre des évacuations sanitaires. Cependant, des travaux de réhabilitation de la piste et des bâtiments existant seront à réaliser en partenariat avec la direction générale de la société des aéroports de Madagascar (Adema). Le patron du groupe Agk a saisi l’occasion pour saluer le plan d’accompagnement des opérateurs économiques annoncé par le gouvernement. Il s’agit pour lui d’un geste fort et salutaire. Interview.

 

Le gouvernement a promis d’accompagner les opérateurs économiques avec une garantie de 5 milliards dans le cadre des prêts bancaires. Quelle est votre réaction ?
J’ai envie de dire Waouh ! Bravo Monsieur le président de la République. Bravo le gouvernement parce que cela est un signe fort d’accompagnement du monde des affaires. Aujourd’hui, peu de pays africains peuvent se targuer d’avoir eu une action telle comme celle-là dans notre pays visant à accompagner les opérateurs économiques en facilitant l’accès à un crédit auprès des banques, à un taux réduit. Vous savez qu’avec la pandémie, les bateaux viennent de plus en plus tard et mettent de plus en plus de temps à rejoindre leurs destinations.

Là où on mettait 45 jours pour avoir un bateau qui arrive aux Comores, on met aujourd’hui trois, quatre ou carrément cinq mois. C’est autant de finances qui sont bloquées parce que vous êtes obligés de payer votre fournisseur et ce n’est pas évident de recevoir les marchandises au bon moment, c’est-à-dire 30 ou 45 jours après. Donc, cette aide de l’Etat est bénéfique pour l’économie du pays. C’est aussi bénéfique pour le peuple qui pourra aujourd’hui avoir les denrées de première nécessité en temps réel et n’a plus à devoir entendre à chaque fois parce qu’il y a des pénuries. Ainsi, on salue ce geste fort du gouvernement et du président de la République.

Nous avons appris des médias malgaches que l’Etat malgache vous a confié la gestion de l’aéroport de Mananara nord. Pourquoi ?

Cela est vrai, nous avons repris la gestion de l’aéroport de Mananara. Ainsi, nous allons nous occuper de la réhabilitation de la piste de cet aéroport, mais également les bâtiments existants. On a une piste très détériorée. Ainsi, il est de notre devoir de reprendre la gestion de cet aéroport, de réhabiliter la piste existante avec la direction générale de la société aéroports de Madagascar (Adema) pour que ce soit un aéroport sécurisé, qui puisse accueillir les passagers qui veulent y venir en sécurité.
Ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous allons, à cet effet, nous occuper du prélèvement des taxes d’atterrissage, les taxes de fret aérien sachant qu’il s’agit d’une région riche en ressources naturelles comme la vanille où l’on enregistre énormément de vanille qui sort par voie aérienne. Il y a en outre beaucoup d’évacuations sanitaires qui se font dans cette région.

C’est parce que vous travaillez dans cette région que vous avez acceptez la gestion de cet aéroport ?

Absolument. Nous travaillons dans cette région et je suis appelé très souvent à me déplacer à Mananara où l’aéroport est devenu pratiquement inaccessible. C’est ainsi qu’il est important de réhabiliter la piste pour qu’elle faciite le trafic. Nous allons nous investir dans ce chantier. Il s’agit d’un programme de l’Adema avec Malagasy Spices (une société d’Amine Kalfane Ndlr). Nous allons mettre des fonds avec l’Etat malgache pour réhabiliter cet aéroport. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas de fonds Agk comme on peut le prétendre. Chez nous, dans le groupe Agk quand une société est née, il faut qu’elle soit autonome. C’est le cas de Malagasy Spices. Donc, c’est un financement 100% malgache car il est de la société Malagasy Spices. Les travaux seront conjointement réalisés par l’Adema et Malagasy Spices.

Et pourquoi avez-vous accepté de prendre la gestion de cet aéroport et quels en sont les enjeux ?

Nous avons accepté de prendre cet aéroport parce que je pense qu’aujourd’hui le développement de notre région d’Analanjirofo passe par la réhabilitation des aéroports existants. Ce sont des régions enclavées, mais ce sont des régions très belles et intactes où le tourisme peut être un atout majeur de la région en question. Si nous avons accepté de faire partie de ce projet, c’est parce que nous voulons contribuer à l’essor économique de la région de Mananara nord.

Pourquoi n’investissez-vous pas dans l’industrie de votre pays, les Comores ?

Nous avons de gros projets industriels ici aux Comores, mais malheureusement, comme vous le savez, nous nous heurtons à un problème foncier. A l’heure actuelle, nous avons des projets industriels à réaliser au niveau de nos terrains qui se trouvent à Mde. Cependant, nous nous heurtons à la ville de Mde qui s’oppose à chaque fois que nous voulons commencer les travaux sur ce terrain en nous faisant croire qu’ils veulent construire un marché alors qu’il y a suffisamment des marchés aux Comores. N’oublions pas qu’une industrie est une source de création d’emplois.

Il y aura au minimum une cent-cinquantaine d’emplois qui seraient créés. D’ailleurs, les premiers bénéficiaires auraient pu être les gens de Mde et malheureusement, ils n’ont pas réussi à comprendre.Donc, c’est un frein. Nous espérons qu’avec les actions que nous avons pu mener en justice jusque-là, nous arriverons à avoir gain de cause parce que nous avons nos papiers entre nos mains et qu’enfin nous pourrons réaliser ces projets industriels que nous avons l’intention de mettre en place dans le pays.

Quelles sont vos autres activités à Madagascar et où êtes-vous basé ?

Nous sommes basés à Madagascar, sur toute la côte-est, mais notre siège social se trouve à Mananara. A Madagascar, nous cultivons du girofle et de la vanille et fabriquons de l’essence de feuille de girofle. Nous commençons à cultiver du cacao également. Nous avons beaucoup diversifié nos activités dans les produits de rente.Là-bas, nous avons environs 800 personnes qui travaillent dans notre société. C’est un chiffre quand-même très important parce qu’en saison, ce chiffre peut passer même à 1.000 personnes. Cela dépend de la quantité de la vanille et de girofle qui sont traités.

Justement, dans ce domaine de la vanille, que pouvez-vous nous dire sur la situation actuelle avec cette pandémie de Covid ?

Ce que je peux vous dire c’est que la demande dans la vanille existe. La demande est là. Simplement, il y a une surabondance de production dans le monde. Si par exemple on prend la production malgache, elle est le double voire même le triple de l’année dernière. Chez nous, ici aux Comores, c’est le double par rapport à l’année dernière. L’Indonésie a une très bonne production.

La Papouasie a également une bonne production. L’Ouganda a une excellente production. La Tanzanie s’est mise nouvellement à faire de la vanille. Donc, aujourd’hui, il y a beaucoup d’acteurs sur le marché. La consommation est aussi là, mais le consommateur final que sont les grosses sociétés industrielles ne sont plus prêtes à mettre un prix élevé pour acheter la vanille. Aujourd’hui, la vanille sur le marché mondial vaut, à l’heure où je vous parle, entre 100 et 130 dollars le kilo. Ce qui est loin de ce qu’on aurait pu espérer avoir comme prix pour l’exportation.

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