Le ministre des Finances, du Budget et du secteur bancaire, Saïd Ali Saïd Chayhane s’est présenté, hier lundi 9 novembre en fin de journée devant la commission des Finances de l’Assemblée de l’Union pour la présentation de l’exposé des motifs du projet de loi de finances initial 2021. Accompagné de ses principaux collaborateurs, le ministre du Budget a présenté un projet de loi de finances tablant sur des recettes globales de plus de 107 milliards de francs comoriens, contre des prévisions de dépenses de l’ordre de 119 milliards de francs comoriens.
En matière de recettes intérieures, les prévisions budgétaires du gouvernement sont de l’ordre de plus de 52 milliards de francs comoriens. Quant aux recettes extérieures, elles sont fixées à plus de 54 milliards, dont 4,5 milliards d’aides budgétaires et 50 milliards d’appuis des partenaires. En matière des dépenses, le projet de loi de finances initial 2021 prévoit plus de 53 milliards de francs comoriens de dépenses courantes, plus de 733 millions de dépenses d’intérêts et plus de 64 milliards de francs comoriens de dépenses d’investissements.
Le financement national pour cet exercice 2021 est fixé à hauteur de près de 14 milliards contre plus de 50 milliards de francs comoriens de financement des partenaires. En termes d’objectifs macroéconomiques, l’argentier de l’État a soutenu que la loi de Finances 2021 est conçue pour parvenir à une croissance économique projetée à 3,8%, une maîtrise de l’inflation en dessous de la barre de 3%, un solde primaire de 0,15% du Produit intérieur brut (Pib) et une pression fiscale projetée à 10%.
Un ralentissement économique
Dans son exposé de motifs, Saïd Ali Saïd Cheyhane a fait savoir aux parlementaires que l’exercice budgétaire 2021 sera fortement impacté par les effets liés au ralentissement économique provoqué par la pandémie de Covid-19 alors que le pays commençait à peine de sortir de la crise engendrée par le passage du cyclone Kenneth en avril 2019. Selon lui, à une année d’intervalle, l’Union des Comores a connu une double crise, climatique et sanitaire, qui a fortement impacté les perspectives économiques actuelles. “C’est dans ce contexte de ralentissement économique voire de récession au niveau international, que la réalisation de la loi de Finances 2020, quoique impactée par la crise, présente un tableau qui incite à l’optimisme”, déclare-t-il.
L’argentier de l’État a fait le bilan des réalisations des prévisions budgétaires de l’exercice en cours au 30 juin 2020. Selon lui, à la date précitée, le niveau de collecte des recettes a atteint plus de 21 milliards de francs comoriens sur une prévision initiale annuelle de plus de 54 milliards, soit un taux de réalisation de 39,25%. “Reporté à l’année, nous envisageons un niveau de réalisation légèrement supérieur à 41 milliards de francs comoriens, soit une projection de réalisation des recettes de l’ordre de 75% des prévisions budgétaires initiales”, prévoit-il. En matière de dépenses, le ministre a annoncé une prévision initiale de plus de 64 milliards de francs comoriens, celles ordonnancées au 30 juin 2020 s’élèvent à plus de 19 milliards, soit un taux de réalisation de l’ordre de 30,56%. “Toutefois, ce niveau de réalisation des dépenses atteint plus de 52% sous l’effet de la prise en charge des dépenses liées à la lutte contre le Covid-19”, précise-t-il.
Concernant les perspectives 2021, l’ordonnateur du budget soutient que malgré un contexte international et national fortement dépendant de l’évolution de la crise sanitaire de Covid-19, les perspectives budgétaires qu’il a présentées aux élus de la nation, anticipent une situation favorable à la reprise rapide des activités économiques nationales.
Une situation favorable à la reprise rapide des activités économiques
Selon lui, cette situation sera favorisée par deux leviers : le mois de ramadhwani ainsi que les festivités de l’Aïd El-fitr prévues pour le premier semestre 2021, ainsi qu’une prévision de reprise des festivités liées aux mariages coutumières et par ricochet une reprise de la consommation.
Saïd Ali Chayhane a soutenu que depuis l’ouverture partielle des frontières aériennes, le 7 septembre dernier, la reprise progressive des échanges économiques et commerciaux avec le monde a permis une reprise progressive et soutenue des activités économiques au niveau national. Selon lui, l’impact de la Covid-19 sur les recettes intérieures devrait donc être atténué grâce à l’accélération du processus de modernisation du système de gestion de la collecte des recettes intérieures. “Il s’agira aussi bien de l’accélération de la digitalisation des processus de collecte et de sécurisation des recettes que de gestion de la dépense publique, mais aussi de l’élargissement de l’assiette fiscale et enfin de la mise en œuvre de mesures d’intéressement pour les acteurs économiques, dont la diminution voire la suppression de certaines taxes douanières et le réajustement de certaines mesures fiscales”, détaille-t-il.