La communauté des affaires au niveau de Ngazidja entend faire entendre sa voix sur les nouvelles orientations réglementaires envisagées par les pouvoirs publics. Ils souhaitent que les nouvelles mesures “tiennent compte des réalités auxquelles sont confrontées les entreprises et les commerçants”.
Les représentants du secteur privé se sont réunis ce lundi 28 septembre 2026 au siège de la Chambre de commerce, d’Industrie et d’Artisanat (Ccia) de Ngazidja, pour examiner trois projets d’arrêtés préparés par le ministère de l’Économie. Ces textes, qui touchent directement les activités commerciales, suscitent des interrogations au sein de la communauté des affaires. Les projets portent notamment sur la réglementation des mécanismes de distribution et du commerce électronique (e-commerce), l’instauration d’une carte professionnelle annuelle obligatoire et payante, ainsi que le renforcement des contrôles des prix, des marges et des stocks sur le terrain.
Si les représentants du secteur privé reconnaissent la nécessité d’un meilleur encadrement du marché, ils redoutent toutefois que l’accumulation de nouvelles obligations administratives et financières ne pèse davantage sur les entreprises formelles. Selon les acteurs présents à la rencontre, l’instauration de nouveaux frais et le renforcement des procédures pourraient accroître les charges supportées par les commerçants et, par conséquent, avoir des répercussions sur les prix pratiqués et le pouvoir d’achat des consommateurs.
Acompte de 10 %
La concertation, qui a duré près de deux heures, devait permettre aux représentants du secteur privé d’examiner les différents textes et de dégager une position commune à soumettre au ministère de l’Économie. Pour les participants, “il ne s’agit pas de s’opposer au principe de la régulation du marché, mais de rechercher un équilibre entre la protection des consommateurs, l’assainissement du secteur commercial et la préservation de la viabilité des entreprises”. À l’issue des échanges, les représentants du secteur privé ont convenu de poursuivre les discussions afin de structurer une position officielle et de la porter auprès des autorités compétentes.
Le président du Syndicat national des commercants (Synaco), Abdou Boina, a également évoqué un autre sujet de préoccupation pour les commerçants : l’acompte de 10 %, qui fait l’objet, selon lui, d’un désaccord non resolu. «Nous sommes prêts à défendre les intérêts des commerçants exerçant dans les droits légaux», a déclaré le président du Synaco, en insistant sur la nécessité pour les opérateurs de disposer des documents attestant de la régularité de leur activité, notamment la patente, la Tpu et le Nif. Abdou Boina estime que les commerçants en situation régulière ne devraient pas être pénalisés par l’application de cet acompte.
Il appelle également la Direction générale des impôts à se pencher sur la situation des commerçants opérant dans le secteur informel. «Ceux qui exercent dans le droit légal ne peuvent en aucun cas être prélevés d’un acompte de 10 %», a-t-il soutenu. L’enjeu, selon les participants, est de parvenir à une réglementation permettant d’assainir le marché tout en évitant que les nouvelles contraintes ne fragilisent davantage les opérateurs économiques formels et ne se répercutent sur les consommateurs. Il est à rappeler que l’acompte sur impôt (Ai) ne conerne que les commerçants non fiscalisés et qui concurencent ceux qui sont légalement répertoriés et soumis aux obligations fiscales.



