En tout, quatre innovations majeures ont été annoncées par la Banque centrale des Comores (Bcc). «KomorPay» pour faciliter toutes les formes de transactions bancaires en temps réel, «Komor Switch», un système d’interconnexion entre les banques et établissements financiers, «Mali Ya Wakazi», destiné à accélérer le processus de bancarisation de la population par le rapprochement des services financiers aux usagers. Et, enfin un marché obligataire censé permettre à l’Etat de pouvoir émettre de titres de créance pour ses besoins de financements et d’investissement.
Le président Azali Assoumani a procédé au lancement officiel, hier lundi 4 mai, de nouveaux moyens de paiement introduits par la Banque Centrale des Comores (Bcc), marquant « une avancée majeure dans la modernisation et l’inclusion financière du pays ». La cérémonie a eu lieu en présence du président de l’Assemblée de l’Union, de la première dame, du président de la Cour suprême, du mufti, de membres du gouvernement, du corps diplomatique, de représentants des partenaires internationaux ainsi que des responsables des institutions financières du pays.
Il s’agit d’une étape majeure dans la politique de transformation du système financier comorien portée par la Banque Centrale des Comores (Bcc) avec l’appui des partenaires au développement. Ces nouveaux modes et systèmes de paiement visent à moderniser le système financier comorien et à promouvoir l’économie nationale, selon les autorités monétaires.
Quatre projets majeurs
Au cœur de cette réforme, quatre projets majeurs ont été présentées : «KomorPay» qui est un système automatisé de transferts interbancaires qui permettra d’effectuer plus rapidement et en toute sécurité les virements et les paiements par chèque. Concrètement, les délais de traitement seront fortement réduits. Puis «Komor Switch », une plateforme nationale qui connecte toutes les banques et les services de Mobile money. Elle rend possible l’interopérabilité pour envoyer de l’argent d’une banque à une autre, ou entre les structures de mobile banking.
Ensuite « Mali Ya Wakazi », un réseau d’agents bancaires de proximité. Il vise à rapprocher les services financiers des populations, notamment dans les zones rurales ou éloignées des agences bancaires. Enfin le marché des titres publics. Il s’agit d’un mécanisme permettant à l’État de se financer de manière plus transparente et organisée, tout en offrant de nouvelles opportunités d’investissement. Dans son discours, le président de la République a mis en avant l’importance stratégique de cette réforme pour l’avenir du pays.
Il a souligné que la modernisation du système financier repose sur une dynamique collective impliquant les banques commerciales Afg Bank, Bdc, Exim Bank, Bfc, notamment les réseaux financières décentralisées Meck et Sanduk. À l’entendre, ces institutions constituent «les piliers du développement bancaire» et joueront un rôle central dans la réussite des initiatives engagées par la banque des banques.
«La marche des Comores vers l’émergence»
Le chef de l’État a insisté sur plusieurs avancées majeures désormais en place qui est « la modernisation du système bancaire pour une meilleure gestion, l’automatisation des paiements afin d’accélérer les transactions, l’interconnexion des moyens de paiement entre les différentes institutions financières, le renforcement de l’accès et de l’utilisation des services financiers».
Pour Azali Assoumani, ces projets permettront de «renforcer la gouvernance financière du pays et d’accélérer la digitalisation du secteur bancaire». Avant de procéder au lancement officiel, le président de la République a tenu à féliciter le gouverneur de la Banque centrale des Comores (Bcc) et l’ensemble de ses équipes, tout en remerciant les partenaires techniques et financiers ayant contribué à la réalisation de ces projets. Il a salué «une nouvelle étape dans la marche des Comores vers l’émergence et le développement socioéconomique».
Un impact direct pour les citoyens
«Ces innovations ne concernent pas seulement les banques. Elles auront des effets concrets sur la vie quotidienne : payer ou recevoir de l’argent plus rapidement, réduire les déplacements vers les agences bancaires, sécuriser les transactions, faciliter l’accès aux services financiers, même dans les villages. Du commerçant de marché au fonctionnaire, en passant par les entrepreneurs et la diaspora, tous devraient bénéficier de ces nouveaux outils », a souligné le gouverneur de la Bcc, Younoussa Imani.
Ce dernier a souligné que «ces avancées s’inscrivent dans une réforme globale engagée» depuis plusieurs années. Il a notamment mis en avant « une amélioration des performances financières de l’institution, une autonomie renforcée depuis l’adoption de nouveaux statuts en 2025, une gestion désormais entièrement assurée par des cadres comoriens, la mise en place d’un taux directeur pour piloter la politique monétaire». Younoussa Imani a également rappelé que la modernisation des paiements constitue «le cœur de la transformation» de la Banque centrale des Comores (Bcc)
Cette évolution a été rendue possible grâce à l’appui de partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi), qui ont accompagné la mise en place de ces infrastructures. Si ces outils représentent une avancée importante, leur réussite dépendra de leur appropriation par la population. Les autorités insistent sur la nécessité de «sensibiliser les usagers et de garantir un accès acceptable à ces services».




