Quatre priorités majeures ont été identifiées. Il s’agit de la finalisation des termes de référence, la validation de la feuille de route 2026-2027, la sécurisation des partenariats financiers et la mobilisation des ressources auprès des partenaires au développement.
La première réunion du Comité de pilotage consacrée aux économies insulaires africaines s’est ouverte, ce lundi 31 août à l’hôtel Retaj, sous le signe de la coopération et de la recherche de solutions concrètes aux défis structurels auxquels sont confrontés les États insulaires. Réunissant des experts et des représentants de l’Union des Comores ainsi que le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Auda-Nepad), cette rencontre entend «poser les bases d’une stratégie commune en faveur du développement et de la transformation des économies insulairesC.
Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du ministère de l’Économie Djamil Boinali, a insisté sur l’importance de cette initiative, qui intervient dans un contexte où les économies insulaires restent particulièrement exposées aux chocs extérieurs. Pour lui, l’insularité constitue une réalité économique complexe. L’éloignement des grands marchés, les coûts élevés du transport et de la logistique, la dépendance aux importations et la taille réduite des marchés intérieurs limitent les marges de manœuvre des États insulaires.
Pour autant, ces contraintes ne doivent pas être perçues uniquement comme des handicaps. Elles peuvent aussi inciter à repenser les modèles de développement et à mieux valoriser les atouts propres des territoires insulaires. C’est dans cette perspective que Djamil Boinali a appelé à une meilleure exploitation des espaces maritimes, des ressources naturelles et du potentiel de la jeunesse. “Pour les Comores, l’enjeu consiste notamment à tirer davantage parti de leur position géographique au cœur de l’Océan indien afin de renforcer les échanges avec l’Afrique continentale, les marchés régionaux et les marchés internationaux”, a-t-il déclaré.
Des leviers de croissance
Parmi les secteurs susceptibles de jouer un rôle majeur dans cette transformation figurent l’économie bleue, la pêche, le tourisme et les énergies renouvelables, sachant que les espaces maritimes constituent en effet un important réservoir d’opportunités pour les économies insulaires africaines.
La valorisation durable des ressources marines peut, selon les experts, contribuer également à la création d’emplois, à la diversification des économies et au renforcement des capacités d’exportation. “Nous voulons passer d’une économie largement dépendante des importations à une économie qui produit, qui crée de la valeur, transforme et exporte davantage”, résume l’orientation défendue lors de la rencontre.
De son côté, Kossi Toulassi, chef de la division Industrialisation, commerce et marchés, et analyse économique, a placé les travaux du Comité de pilotage dans une logique résolument opérationnelle. “L’objectif principal de cette première réunion du Comité de pilotage est de valider notre structure de gouvernance, d’approuver notre plan de travail initial et de formaliser les mécanismes de financement qui transformeront nos stratégies en projets concrets sur le terrain”, a-t-il déclaré.
Kossi Toulassi a rappelé que les économies insulaires africaines disposent d’atouts stratégiques considérables. «Leurs vastes espaces maritimes, leurs ressources en énergies renouvelables, leur potentiel touristique et leurs positions géographiques sur d’importantes routes commerciales régionales et internationales constituent autant de leviers de croissance», dit-il.
«Ces opportunités restent cependant confrontées à des obstacles structurels : isolement géographique, coûts logistiques élevés, vulnérabilité aux effets du changement climatique, faiblesse des marchés intérieurs, déficit d’infrastructures et accès encore limité au financement», a-t-il ajouté. Au-delà des discours et des orientations générales, la réunion du Comité de pilotage entend surtout franchir une étape supplémentaire : celle de la mise en œuvre.




