La sixième édition des journées scientifiques s’est tenue le mardi dernier à l’Ecole de médecine et de santé publique (Emsp), à Moroni. Plusieurs personnalités y avaient pris part, notamment le ministre de l’Education nationale, l’ambassadeur de France à Moroni, des universitaires et des étudiants. Une dizaine de stands exposant des activités et des métiers scientifiques ont été tenus au siège de l’Emsp.
Le thème choisi est «le numérique au service du vivant et de la santé». Il s’agit d’un thème qui renferme, selon les organisateurs, une importance, notamment dans la politique de promotion et de vulgarisation de la science et la recherche dont le pays a besoin pour accélérer ses objectifs de développement.
Observer, comprendre et décider
Selon le professeur Amir Aboubacar, ce thème est à la fois moderne et profondément stratégique. «Le numérique n’est pas seulement une question de clic bouton mais un outil de compréhension, d’analyse, d’innovation, au service des grands défis scientifiques et sociétaux de notre temps. Qu’il s’agisse de biologie, de santé, de biotechnologie, de valorisation des ressources, d’écologie, d’énergies renouvelables, ou encore de mathématiques appliquées et d’intelligence artificielle.
Nous voyons bien que les frontières entre les disciplines s’estompent, et que les solutions de demain naîtront de l’interdisciplinarité et du dialogue entre les savoirs», a-t-il expliqué. Le professeur de mathématiques appliquées affirme, chaque jour, combien les outils numériques, la modélisation, la statique, l’analyse des données et l’intelligence artificielle transforment la manière d’observer, de comprendre et de décider.
«Aujourd’hui, nous pouvons modéliser les phénomènes biologiques, analyser les données de santé, mieux anticiper les risques environnementaux, en optimisant les systèmes énergétiques, et mieux accompagner la décision publique», a-t-il ajouté. La formation de la jeunesse, le développement durable, la santé, la préservation des ressources, la résilience environnementale, l’innovation scientifique sont parmi les défis du contexte des Comores, à en croire le professeur qui appelle à ces jeunes à profiter pleinement de ces journées.
«En tant qu’universitaire, attaché à la valorisation du savoir et de la connaissance, je suis particulièrement heureux de voir se tenir un événement qui place la science, la jeunesse et l’innovation au cœur d’un avenir collectif», affirme-t-il. Idem pour le ministre de l’Education nationale qui a, lui aussi, souligné que l’avenir scientifique des Comores se fera avec les jeunes. «Nous croyons profondément que le développement scientifique d’un pays repose sur trois piliers : la qualité de ses institutions, la mobilisation de ses compétences sans exception, et la confiance accordée à sa jeunesse».
Bacar Mvoulana a, à l’occasion, réaffirmé la volonté du chef de l’État d’accorder une importance particulière au renforcement de l’enseignement supérieur, à la structuration de la recherche scientifique et à la professionnalisation de l’offre de formation. Le décret numéro 25-130/Pr d’octobre 2025 relatif aux études électorales a été son principal exemple.
«La recherche universitaire ne doit plus rester confinée dans les laboratoires. Elle doit s’ouvrir, se projeter et s’engager pleinement au service de la société et éclairer la décision publique, accompagner les transformations économiques, apporter des réponses concrètes aux besoins sociaux en inspirant surtout l’espérance et l’ambition de notre jeunesse», a renchéri le ministre.
La consolidation de la recherche universitaire
A son tour, l’ambassadeur de France aux Comores a également souligné l’importance des journées qui constituent, selon lui, «un moment privilégié de l’année universitaire car elles mettent en lumière la vitalité de la recherche locale qui est un lien avec le reste du monde, en particulier avec la diaspora française et l’engagement des enseignants chercheurs, comme des étudiants dans des projets scientifiques qui bénéficieront à terme à la population». Etienne Chapon invite, à cet effet, chacun à s’emparer de ce sujet, à créer les formations pertinentes et à lancer des projets de recherche.
Pour sa part, le doyen de la faculté des sciences et techniques (Fst), Dr Hamidou Soulé, a affirmé que l’organisation de ces journées scientifiques s’inscrit dans une dynamique de coopération académique et institutionnelle devenue essentielle au développement et à la consolidation de la recherche universitaire. «Les travaux conduits au sein de la Faculté montrent clairement que la recherche avance également et progresse sur des sujets concrets et déterminants pour l’avenir national».
Saluant le choix et la pertinence du thème, le recteur de l’université des Comores a expliqué que «ce thème met en lumière l’émergence de nouvelles approches, où les technologies numériques deviennent des outils essentiels pour mieux comprendre, analyser et valoriser les systèmes du vivant, tout en apportant des réponses innovantes aux enjeux de santé publique, environnementaux et de développement durable».
Dr Ibouroi a réaffirmé que la recherche universitaire doit être portée à un niveau d’exigence plus élevé, cependant « elle doit être structurée, visible, compétitive et connectée aux réalités de notre pays, tout en formant une expertise nationale qualifiée».



