Un séminaire consacré à l’avenir de “l’apprentissage encadré” a réuni mardi les acteurs de la formation professionnelle. Ils préconisent des mesures pour assurer sa continuité après la clôture du programme “Msomo Na Hazi”.
Un séminaire consacré à l’avenir du dispositif d’apprentissage encadré s’est tenu le mardi 22 septembre au Foyer des femmes de Moroni. Les participants ont réfléchi aux moyens d’assurer sa continuité après la fin du programme “Msomo Na Hazi”, financé par l’Union européenne.La rencontre a réuni le ministre de l’Éducation nationale, le gouverneur de Ngazidja, le directeur du programme “Msomo Na Hazi”, des maîtres artisans ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.
Le programme “Msomo na Hazi” s’adresse, pour rappel, principalement aux jeunes ayant quitté l’école très tôt ou n’ayant jamais été scolarisés. Il leur permet d’acquérir un métier auprès de maîtres artisans. Sept filières sont concernées : menuiserie, maçonnerie, plomberie, mécanique automobile, mécanique marine, transformation des produits halieutiques et transformation des produits agricoles. L’apprentissage repose sur l’alternance : 80 % du temps est consacré aux ateliers et 20 % aux centres de ressources. La progression des bénéficiaires est suivie à travers un livret d’apprentissage.
«335 contrats d’apprentissage»
À l’issue de la formation, une évaluation peut leur permettre d’obtenir un Certificat de compétence professionnelle délivré par le ministère de l’Éducation nationale.
Pour le directeur de «Msomo Na Hazi», Nouroudine Abdallah, les bénéficiaires disposent de compétences qui doivent être reconnues. «Ils ont un savoir-faire, une intelligence que personne ne reconnaît», a-t-il expliqué. Selon lui, l’apprentissage encadré contribue à valoriser ces aptitudes et à permettre à ces jeunes de participer au développement du pays.
Les discussions ont porté sur quatre axes : la gouvernance, la qualité de la formation et de la certification, les partenariats et le financement. Les participants ont notamment souligné la nécessité de clarifier les responsabilités des différents acteurs et de poursuivre l’accompagnement des maîtres artisans.La question de la langue a également été abordée. Les formations sont dispensées en shikomori, tandis que plusieurs documents sont rédigés en français. La traduction des référentiels en shikomori a ainsi été proposée, notamment pour faciliter leur utilisation par les maîtres artisans peu ou pas scolarisés.
Depuis son lancement, le programme a mobilisé 75 structures et permis la signature de “335 contrats d’apprentissage”. Son financement s’élève à “89 743 000 francs comoriens”.Dans son intervention, le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a assuré que des dispositions seraient prises pour garantir la pérennité du dispositif. «Nous prenons toutes les dispositions nécessaires, administratives, institutionnelles et financières, pour pérenniser le dispositif d’apprentissage encadré», a-t-il déclaré.
Il a présenté cette formation comme une deuxième chance pour les jeunes qui n’ont pas pu poursuivre leur scolarité. Un bénéficiaire a également témoigné de son expérience. «Cette formation m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses que j’ignorais avant. On m’a donné une opportunité dont je n’avais jamais pensé bénéficier un jour et je me suis donné à 100 % pour réussir», a-t-il confié. Il a encouragé les jeunes descolarisés à se former à un métier manuel afin de pouvoir, à terme, soutenir leurs familles.
Richda Radjab (stagiaire)


