Des établissements privés conditionnent l’octroi des convocations aux élèves en classe d’examen au règlement de la totalité des frais de scolarité. Une mesure « illégale », selon le ministre de l’Éducation.
C’est une pratique bien installée désormais. A la veille des examens nationaux, des écoles privées du pays refusent de remettre la convocation aux candidats tant que leurs parents ne se sont pas acquittés de leurs frais de scolarité. C’est ce qui est arrivé à Ibrahim, père de 3 rejetons scolarisés dans une école privée située au nord de Ngazidja. « Je n’avais pas pu payer l’écolage de mes 3 enfants dont ma fille qui devait passer le brevet. A ma grande surprise, quand je suis parti récupérer sa convocation, la direction m’a dit que je ne pouvais pas l’avoir tant que je n’aurais pas réglé l’écolage des 3», a expliqué ce dernier au téléphone.
Le père de famille a dit avoir «vu rouge». «J’ai beau crier, lui faire comprendre que ce n’était pas normal, la direction n’a rien voulu entendre», a-t-il poursuivi. Craignant que sa fille ne puisse passer l’examen, il rassemble le montant dû et finit par payer. «Nous avons obtenu la convocation le vendredi à 14h alors que le brevet avait lieu le lendemain matin». Amer, il assure avoir pris une décision définitive : «C’était une profonde injustice. A la prochaine rentrée, ils seront scolarisés dans une autre école».
Au passage, l’homme estime que cette crise a eu raison de la sérénité de son «enfant alors qu’elle se trouvait dans la dernière ligne droite et devait redoubler d’efforts pour ses révisions».
Pourtant cette mesure de conditionner l’octroi de la convocation au versement préalable de toute la scolarité «est illégale», a rappelé le ministre de l’Education, Bacar Mvoulana. «C’est l’élève qui est inscrit à l’examen et non l’établissement», nuance-t-il, tout en précisant que «le ministère n’a été saisi par aucun parent d’élève, raison pour laquelle il n’y a eu aucune réaction de notre part».
Pour autant, un autre père de famille dit comprendre «les écoles privées qui confisquent la convocation». Sans cela, pense-t-il, «beaucoup de parents ne paieraient pas ‘l’écolage». Et de rembobiner : «Moi j’avais réglé les frais de scolarité mais mes enfants avaient perdu les reçus. En l’absence de preuves, j’ai donc dû payer une deuxième fois».Pour rappel, une note de service datée du 2 octobre 2025 indique dans son article premier qu’«il est formellement interdit aux établissements privés d’enseignement scolaire et supérieur d’exclure un élève ou un étudiant en raison d’un retard dans la régularisation par les parents de toutes sortes de frais scolarité».


