À l’exception du collège de Moroni Mbouéni, la Fédération des syndicats des enseignants aux Comores (Fsec) et le ministère de l’Éducation nationale n’ont signalé aucun autre établissement ayant fonctionné ce mercredi. Ce qui est sûr aucune négociation n’a été engagée entre les deux parties.

 

Selon la Fsec, l’appel à l’arrêt des cours de 48 heures, qu’elle a lancé, a été suivi dans l’ensemble des établissements publics du pays. Ce mouvement de contestation fait suite au «non-respect des engagements pris entre les enseignants et le gouvernement depuis 2025». Bien que le ministère de l’Éducation nationale ait affirmé, par voie de communiqué, ne pas reconnaître la validité de ce mot d’ordre, les enseignants semble-t-il, ont respecté les consignes syndicales. La Fsec salue la mobilisation des enseignants sur toutes les îles, précisant que seuls «quatre enseignants ont assuré leurs cours au collège de Moroni Mbouéni».


Contacté par téléphone en fin d’après-midi, le secrétaire général du ministère de l’Éducation, Soule Said Soule, a indiqué que les rapports officiels de la journée n’étaient pas encore finalisés pour établir un bilan définitif. Ce mercredi, une tournée dans divers établissements de la capitale a confirmé l’absence de cours. Au Lycée de Moroni, la journée de mercredi a été exclusivement consacrée aux conseils de classe du premier trimestre.

 Si le proviseur, Jean Mone Ahmed, assure que l’établissement n’est pas officiellement inscrit dans une dynamique de grève et que «les travaux habituels reprendront dès demain [aujourd’hui]», certains élèves rencontrés sur place affirment que leurs professeurs ont l’intention de s’aligner sur les revendications syndicales.


À l’école primaire publique de Moroni Mbouéni, le décor était désertique vers 13h40 : aucun enseignant n’était présent, et moins de cinq élèves de CM2 traînaient encore dans la cour. Le constat est identique dans la région de Dimani où, selon le proviseur du lycée local, Issihaka Msahazi, aucun établissement n’a ouvert ses portes. À l’école primaire de Coulée 2, la directrice Katidja Aboubakar a noté la présence de quelques stagiaires, mais aucun élève n’a fait le déplacement.

L’exaspération des parents d’élèves

Cette situation de blocage récurrente suscite l’amertume des familles. «Comment se fait-il que chaque année scolaire soit rythmée par au moins une grève par trimestre ?», s’interroge Halidi Mouhaimine, marchand ambulant à Moroni. Il appelle les autorités à résoudre durablement ces conflits pour «redonner espoir aux parents et aux enfants».

 Même son de cloche du côté du marché de Volovolo, où Fatima Hassani, vendeuse, ne cache pas son mécontentement face à ce qu’elle qualifie de « grèves sans fondements». «Nous nous sacrifions pour l’éducation de nos enfants, mais nous avons l’impression que des gens sabordent nos efforts», déplore-t-elle.