Le syndicat des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc), en commun accord avec tous ses membres, a organisé le samedi 10 janvier, à l’institut de formation des enseignants et de recyclages en éducation (Ifere), une assemblée générale extraordinaire. Suivie via visio-conférence par les enseignants de Mwali et Ndzuani, cette assemblée a eu pour objectif de discuter sur plusieurs points, notamment le non-respect du protocole d’accord signé en octobre 2025 entre le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana et le Sneuc. Parmi les sujets abordés durant les échanges, il y a eu le reclassement et classification des enseignants, et la suspension du secrétaire général du Sneuc.


Interrogé à l’issue de l’Ag, le secrétaire général du Sneuc, Youssouf Boinaheri, et son adjoint, Dr Dhoifir Loutfi, ont présenté un bref résumé de la rencontre. «Nous allons écrire au gouvernement et lui demander de faire preuve de respect pour notre protocole. Nous écrirons également au rectorat de l’Université et lui demander de revenir sur la suspension du responsable du Sneuc. Si ces résolutions ne sont pas réalisées jusqu’au mardi prochain, nous serons malheureusement obligés de procéder à un arrêt de cours de 72 heures, (du mercredi au vendredi). Et celui-ci pourrait automatiquement être suivi d’une grève illimitée», ont-ils éclairés.Youssouf Boinaheri rappellera que ce protocole non respecté a été signé en octobre 2025 pour dénouer la grève qui avait paralysé l’Udc, entre juin et septembre 2025, laquelle a impacté l’année universitaire précédente et la rentrée de l’année en cours. «Les enseignants en ont assez des fausses promesses des membres du gouvernement et nous allons légitimement réagir en respectant les textes du code de travail», a insisté l’enseignant. Bien qu’il soit visé d’une suspension signée par le recteur de l’Udc, Youssouf Boinaheri semble gagner «le soutien total de l’ensemble de ses collègues enseignants», selon le Sga du Sneuc, Dr Dhoifir Loutfi qui parle de vice de procédure concernant cette suspension.


«La présente suspension ne respecte pas les procédures normales, sachant qu’une enquête préalable devrait être faite, le rapport de cette enquête devrait ainsi être adressée au recteur, le conseil de discipline qui devrait être dirigé par le ministre de l’Education national devrait siéger. Et tout cela n’a pas eu lieu. Malheureusement, un groupe restreint de quelques personnes s’est permis de prendre cette décision», a-t-il fustigé. L’enseignant ajoutera que l’acte reproché à Boinaheri se fait habituellement par des administrateurs de l’Université, poursuit-il citant un cas plus récent.Dans une vidéo publiée par la page Acmc vendredi passé, le secrétaire général de l’Udc, Mougni Hamza Said, a laissé entendre que cette suspension fait suite à des attestations de réussite signées par l’enseignant pour des étudiants qui n’ont pas validé leurs licences. Les faits se seraient déroulés en 2014 lorsque, Youssouf Boinaheri assurait un intérim du doyen de la faculté des Droits, sauf qu’il n’a pas mentionné qu’il assurait un intérim et que les étudiants n’avaient pas validés leurs moyennes, selon le procès-verbal (Pv) de l’examen.«Nous l’avons appelé pour venir prendre son dossier mais il a envoyé une autre personne à sa place. Après concertations des responsables du rectorat et l’appui d’un Pv, nous nous sommes mis d’accord pour le suspendre temporairement. Ainsi une commission d’enquête sera mise en place pour le suivi de ce dossier», a expliqué Mouigni Hamza Said, laissant entendre que l’intéressé pourra se défendre comme le stipule le règlement.