Chaque année, des candidats au bac en provenance de Ngazidja abandonne le cocon familial pour passer le baccalauréat à Mwali. Entre réputation favorable, espoir de réussite et coûts du déplacement, ce phénomène interroge l’organisation de l’examen.

 

Chaque année, à l’approche des épreuves du baccalauréat, un même phénomène se répète : des candidats venus de Ngazidja préfèrent abandonner le cocon familiale  pour rejoindre Mwali et y composer. Parmi eux, de nombreux candidats libres qui misent sur cette destination, convaincus d’y trouver de meilleures conditions pour réussir. Amina (prénom d’emprunt) fait partie de ces candidats. Après un premier échec à Ngazidja, elle a décidé de tenter une nouvelle fois sa chance à Mwali, encouragée par les témoignages d’anciens candidats. «On m’a dit que les conditions étaient meilleures ici. Plusieurs personnes m’ont conseillé de venir passer le bac à Mwalii. C’est pour cela que j’ai fait le déplacement», explique-t-elle.
Arrivée avec une amie et quelques connaissances, elle dit avoir rapidement retrouvé d’autres jeunes originaires de Ngazidja, venus pour les mêmes raisons. «Nous avons créé des liens entre nous. Beaucoup sont venus parce qu’ils avaient appris les mêmes choses», raconte-t-elle.

Améliorer la chance de réussite 

La majorité de ces candidats sont des candidats libres. Sans inscription dans un établissement scolaire, ils préparent l’examen à travers des cours de soutien organisés dans différents quartiers. Leur déplacement vers Mwali représente toutefois un effort financier conséquent. Transport maritime, hébergement, restauration et parfois plusieurs semaines de séjour constituent autant de dépenses à supporter. Malgré ces contraintes, beaucoup considèrent que le voyage mérite d’être tenté, portés par l’espoir d’améliorer leurs chances de réussite. Pourtant, le baccalauréat demeure un examen national : les sujets sont identiques dans toutes les îles, les règles de déroulement sont les mêmes et les copies sont corrigées selon les mêmes critères.


La question demeure donc posée : pourquoi cette réputation favorable de Mwali persiste-t-elle auprès des candidats ? Est-elle liée uniquement aux témoignages qui circulent entre jeunes ou repose-t-elle sur des différences réelles dans l’organisation des examens et le climat de composition? La directrice de l’Office régional des examens et concours (Orec) de l’île, Sitina-Hadidja Mahamoud, reste prudente sur les explications. Elle évoque toutefois plusieurs pistes, notamment la différence d’effectifs entre les îles. «À Mwali, les candidats sont moins nombreux que dans les autres îles. Peut-être que certains pensent que le taux de réussite y est plus élevé», avance-t-elle. Elle appelle néanmoins à relativiser les comparaisons statistiques. «À Ngazidja, ces statistiques peuvent être celles d’une localité, tandis qu’à Mwali, elles portent sur l’ensemble de l’île», pense-t-elle. Pour cette session 2026, le plus jeune candidat inscrit dans l’île est âgé de 16 ans. Lors de la précédente session, 568 candidats avaient été admis, 31 absents enregistrés et 30 candidats avaient décroché une mention.