L’Afd et le Partenariat mondial pour l’éducation appuient les Comores dans la réforme de l’enseignement. Une convention vise à renforcer durablement les capacités du système éducatif.

 

Le ministre des Finances, du Budget et du Secteur bancaire, Moussa Abremane, et la ministre déléguée française chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Éléonore Caroit, ont procédé, lundi 8 juin, à la signature d’une convention de financement d’un montant d’un million de dollar, destinée au renforcement des capacités du système éducatif comorien.

La cérémonie s’est déroulée au lycée Saïd Mohamed Cheikh, en présence notamment du ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, de l’ambassadeur de France aux Comores, Étienne Chapon, de la directrice régionale de l’Agence française de développement (Afd), Patricia Aubras, ainsi que de Koffi Segniagbeto, représentant du Partenariat mondial pour l’éducation (Gpe).


Dans son intervention, Éléonore Caroit a réaffirmé l’importance accordée par la France à l’éducation et à la jeunesse comorienne. «Vous êtes notre priorité», a-t-elle déclaré. «Aujourd’hui, ce qui est important pour nous, c’est de voir des résultats tangibles en matière d’éducation. Ces résultats passent d’abord par l’amélioration des infrastructures scolaires, notamment dans ce lycée Saïd Mohamed Cheikh, un lieu historique de transmission du savoir, très riche d’histoire. Je sais que ce lycée portera très haut l’avenir de la jeunesse comorienne», a-t-elle déclaré.


Elle a rappelé que l’Afd finance actuellement une trentaine de chantiers de réhabilitation d’écoles primaires, de collèges et de centres de formation professionnelle à travers le pays. Selon elle, ces investissements contribuent également à valoriser le savoir-faire des entreprises comoriennes.

Les moyens d’apprendre et de bâtir l’avenir

Au-delà des infrastructures, Éléonore Caroit a insisté sur la nécessité de poursuivre la réforme du système éducatif. Elle a notamment mis en avant la collaboration entre l’Afd, le ministère de l’Éducation et le Partenariat mondial pour l’éducation afin de mieux accompagner les transformations du secteur. «Mais l’appui de l’Afd ne s’arrête pas à la seule rénovation des bâtiments. Il y a actuellement sept projets très importants qui montrent bien que l’éducation est, de loin, le secteur prioritaire d’intervention de l’Afd aux Comores. En donnant aux jeunes des opportunités, on permet à un pays de se développer. Il faut évidemment réformer le système éducatif, mieux le connaître. C’est pour cela que l’Afd et le ministère de l’Éducation se sont tournés vers un acteur de choix : le Partenariat mondial pour l’éducation», a-t-elle soutenu. 


Et de conclure : «Je viendrai à Paris forte de cet exemple de synergie entre le multilatéral et le bilatéral au service de l’éducation ici aux Comores». 
Prenant la parole à son tour, Koffi Segniagbeto a salué les progrès accomplis depuis sa précédente mission aux Comores il y a dix ans. Il a souligné que «cette convention s’inscrit dans une dynamique positive portée par le gouvernement comorien et ses partenaires techniques et financiers». Selon le représentant du Gpe, le programme vise à renforcer les capacités institutionnelles du secteur éducatif, à améliorer la planification et la gestion du système, à promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons et à favoriser une utilisation plus efficace des ressources disponibles. 


Il a également rappelé que «la réussite de cette transformation repose sur un partenariat fondé sur la confiance, la coordination et la responsabilité partagée».
Le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a quant à lui qualifié cette visite officielle de «moment historique» pour les relations entre la France et les Comores. Il a estimé que la convention signée «dépasse le simple cadre administratif et traduit une volonté commune de transformer durablement l’éducation de base dans le pays».


Pour le ministre, le choix du lycée Saïd Mohamed Cheikh pour accueillir cette cérémonie n’est pas anodin. «Il donne à cette signature une portée particulière, car il met en regard deux réalités indispensables de la transformation éducative», a-t-il fait savoir. «La première est visible, concrète et immédiate. C’est ce que nous voyons ici : les infrastructures. Investir dans l’éducation, c’est offrir à nos élèves des espaces d’apprentissage dignes, sûrs et adaptés, ainsi que de meilleures conditions de travail à nos enseignants», a-t-il expliqué.


«La seconde réalité est moins visible à l’œil nu, mais tout aussi déterminante. C’est la capacité du système éducatif à s’organiser, à se piloter et à rendre compte de ses résultats. Ainsi, le plus difficile, mais aussi le plus passionnant, commence aujourd’hui : celui de l’appui à la mise en œuvre rigoureuse, transparente et coordonnée des actions axées sur les résultats sur le terrain».
Le ministre de l’Éducation a appelé à investir «dans notre ressource la plus précieuse : notre jeunesse. Donnons-lui les moyens d’apprendre et de bâtir l’avenir».