La clôture du projet Docet4-Africa marque une étape décisive pour l’Université des Comores, avec la mise en place effective de son école doctorale. Huit doctorants intégreront la première promotion, soutenue par des partenaires internationaux.
Le président de la République, Azali Assoumani, a honoré de sa présence la cérémonie de clôture du projet Docet4-Africa, le lundi 9 février dernier, au siège de l’École de médecine et de santé publique. Plusieurs personnalités, dont la ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Fatima Ahmada, le recteur de l’Université des Comores (Udc), des enseignants-chercheurs des universités membres dudit projet ainsi que le représentant de l’Union européenne, ont été présentes.
La ministre de l’Information, qui représentait son homologue de l’Éducation nationale, a évoqué un projet ambitieux visant à renforcer les capacités de l’Udc dans le domaine de la formation doctorale et de la recherche. «Un moment solennel qui marque l’aboutissement d’un partenariat exemplaire entre les universités et qui illustre la force de la coopération académique internationale au service du développement durable et du progrès partagé entre l’Udc, celles de Turin, de La Réunion et de Madagascar, avec l’appui constant de l’Union européenne », a-t-elle déclaré.
Ouvert depuis 2003, le projet Docet4-Africa (Doctoral education and capacity building in Africa) est une initiative internationale visant à renforcer la formation doctorale et la recherche scientifique dans les universités africaines. Son objectif principal est de développer un capital humain qualifié capable de répondre aux défis sociaux, économiques et environnementaux propres au continent.
Grâce à une collaboration étroite, constructive et durable entre les institutions de l’Union européenne et celles des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Acp), les objectifs du projet ont été atteints et ont permis de poser des bases solides pour l’avenir de la recherche scientifique aux Comores, a poursuivi la ministre avant d’ajouter : «Nous attendons de ce projet un renforcement des capacités de recherche et de formation de nos enseignants-chercheurs au sein de nos différents laboratoires, ainsi qu’une amélioration de l’offre académique à travers le développement et la modernisation des programmes universitaires aux niveaux master et doctorat. »
Pour le chargé d’affaires de l’Union européenne, Pavlos Evangelidis, ce projet vise à appuyer le développement des capacités afin de renforcer la prise de décision fondée sur la science, en particulier dans le domaine de la gestion des ressources naturelles. « La première étape vers l’ouverture d’une école doctorale aux Comores est enfin franchie. Elle a été rendue possible grâce à l’engagement de tous, universités, autorités politiques, mais aussi grâce au soutien essentiel de la coopération française dans le domaine universitaire et de la recherche », a affirmé Pavlos Evangelidis. Selon lui, financer la recherche universitaire, c’est investir dans une croissance à long terme.
Il s’agit notamment de «former une élite nationale travaillant en collaboration avec des partenaires internationaux de haut niveau afin de trouver des solutions de développement adaptées aux réalités des îles Comores, de générer des emplois et de promouvoir de bonnes pratiques sur le long terme». Le recteur de l’Udc, Ibouroi Ali Toibibou, a cité plusieurs avancées témoignant de l’engagement réel en faveur de la création et de l’institutionnalisation durable de la formation doctorale.
Il a notamment mentionné l’adoption du décret n° 25-130/PR d’octobre 2025 relatif à l’encadrement et à l’organisation des études doctorales, l’installation du conseil scientifique de l’école doctorale ainsi que l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle et réaliste pour la période 2025-2026. Le doyen, Dr Hamidou Soulé, a assuré que les dispositifs nécessaires pour garantir cette formation doctorale sont déjà en place.
Plus de 40 dossiers ont été déposés pour huit places prévues dans la première promotion. Onze laboratoires répondant aux standards d’une formation doctorale sont disponibles à la faculté des Sciences, ainsi qu’une ressource humaine qualifiée, incluant des enseignants des universités partenaires. «Ce projet a joué un rôle important pour arriver à cette phase», a-t-il conclu.



