Une délégation de l’Université islamique de Médine est arrivée à Moroni ce dimanche 19 avril, dans le cadre de la mise en œuvre de programmes scientifiques et la tenue de rencontres académiques et sociales avec plusieurs responsables du ministère de l’Éducation et de l’université.
La Faculté Imam Chafiou a organisé ce lundi, en partenariat avec l’université islamique, deux rencontres scientifiques majeures. La première portait sur «le rôle de l’islam dans la promotion de la modération et du juste milieu dans les sociétés contemporaines», tandis que la seconde était consacrée à «la contribution des diplômés des universités islamiques et arabes au service de la société comorienne».Ces rencontres ont réuni le doyen de la faculté Imam Chafiou, Dr Thoihir Ibrahim, le Dr Elamine Mouhssine Elamine, représentant du président de l’université et vice-directeur de la coopération internationale, ainsi que le directeur des affaires islamiques au ministère de tutelle, les chefs de départements, des érudits, des prédicateurs, de nombreux diplômés et des étudiants.Lors d’une conférence tenue à l’occasion, le professeur Maher bin Abdulrahman Khoja, superviseur général de l’unité de sensibilisation intellectuelle à l’université islamique, a souligné que l’islam repose sur le principe d’équilibre et rejette toute forme d’extrémisme. S’appuyant sur des versets du Saint Coran et des hadiths, il a expliqué que «la modération constitue un véritable mode de vie visant à assurer la stabilité sociale et la coexistence pacifique».
Promouvoir un discours religieux modéré
Le professeur Maher bin Abdulrahman Khoja a également évoqué les défis universitaires et culturels auxquels font face les sociétés contemporaines à l’ère de la mondialisation et du foisonnement des contenus médiatiques. Il insistera alors sur la nécessité de promouvoir un discours religieux modéré fondé sur une compréhension authentique des textes et des finalités de la charia. Le superviseur général de l’unité de sensibilisation intellectuelle à l’université islamique a mis en avant le rôle des universités, notamment l’Université des Comores, dans «la formation d’une génération consciente, capable de faire face aux idées extrémistes par le savoir et l’argumentation». La conférence a suscité un vif intérêt et de riches échanges avec le public.
La seconde rencontre a porté sur le rôle des diplômés des universités islamiques et arabes dans le développement de la société comorienne. Dr Abdessalam bin Rabah Al-Suhaimi et Dr Imad bin Salim Al-Husseini ont, pour leur part, rappelé que «ces institutions ne se limitent pas à la formation académique, mais visent également à forger des personnalités équilibrées, imprégnées de valeurs islamiques et d’un sens aigu de la responsabilité sociale». Les conférenciers ont mis en évidence la contribution significative des intellectuels au développement du secteur éducatif aux Comores, notamment en ce qui concerne la diffusion de la langue arabe et au renforcement de l’identité culturelle islamique. « Leur rôle s’étend aussi aux domaines intellectuel et culturel à travers des publications et des participations à des conférences », ont-ils expliqué.
Malgré ces contributions, plusieurs défis persistent, notamment le manque de moyens, l’insuffisance de soutien institutionnel et le déficit de coordination entre les initiatives. Toutefois, l’engagement de ces diplômés témoigne, selon toujours les conférenciers, de leur conscience profonde de leur mission dans la construction d’une société cohésive et développée. Cette visite constitue, à en croire les responsables de l’université, «un modèle de coopération académique » et illustre le rôle essentiel que peuvent jouer les institutions universitaires dans la défense et la promotion des pratiques propres aux sociétés.




