Un mois après la reprise du deuxième trimestre, de nombreux établissements scolaires peinent encore à imprimer les bulletins de notes, sur fond de transition vers la plateforme numérique e-Msomo.

 

Un mois après la reprise des cours du deuxième trimestre, de nombreux parents d’élèves déplorent ne pas avoir encore reçu les bulletins de notes de leurs enfants. Cette situation est observée dans plusieurs établissements scolaires, aussi bien publics que privés, sur l’ensemble du territoire national.
Face à ces plaintes récurrentes, Al-watwan s’est rapproché des chefs d’établissements et des autorités éducatives afin de déterminer si ces retards seraient liés à l’introduction du bulletin unique via la plateforme numérique e-Msomo, récemment intégrée au système éducatif comorien.

 Interrogé à ce sujet, le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Saïd Soulé Saïd, a tenu à dissocier les retards constatés de la plateforme numérique. Selon lui, les chefs d’établissements et les enseignants disposent de toute l’autonomie nécessaire pour enregistrer les données scolaires. Il précise que des formations ainsi qu’un appui technique ont été assurés aux administrateurs scolaires afin de faciliter l’utilisation de l’outil.

 Des techniciens sont également déployés dans les Centres d’inspection pédagogique régionaux (Cipr) pour accompagner les établissements qui en font la demande. «Les retards ne proviennent pas de la plateforme, mais relèvent plutôt des administrations concernées», a-t-il affirmé. Son adjoint, Saïd Youssouf Ali, abonde dans le même sens en indiquant que chaque établissement est en mesure d’imprimer ses bulletins dès lors que la saisie des notes est achevée. Il ajoute que certains établissements ont déjà commencé à le faire.

Des retards d’adaptation 

Du côté des responsables d’écoles, les avis convergent globalement sur l’utilité de la plateforme, tout en reconnaissant certaines difficultés. Abdou Ahamada, directeur de l’école privée Brain Trust, salue une initiative qu’il juge «structurante pour la gestion des données scolaires». Il explique toutefois que «la maîtrise de l’outil informatique reste un obstacle pour certains enseignants », ce qui ralentit le processus. En attendant l’impression du bulletin unique, son établissement a opté pour des bulletins traditionnels afin d’informer les parents et élèves, tout en conservant ces documents comme archives.


Même son de cloche au collège urbain Moroni Mboueni, où son directeur, Faridy Norbert, met en avant les avantages pédagogiques de la plateforme, notamment dans le calcul automatique des moyennes et l’élaboration de statistiques utiles aux conseils de classe. Il rappelle néanmoins que «toute réforme nécessite un temps d’adaptation».


Enfin, le directeur de l’école privée franco-arabe de Moroni Mboueni, également coordinateur des écoles privées, indique que l’enregistrement des notes est achevé à près de 95 %. Il reconnaît que certains enseignants, peu familiers avec l’outil informatique, rencontrent des difficultés. Tout en appelant à l’adhésion aux réformes éducatives en cours, il a présenté ses excuses aux parents pour le retard, espérant «une régularisation complète avant la fin du deuxième trimestre».