Alors que certains enseignants des écoles privées réclament une rémunération mensuelle, plusieurs responsables d’établissements invoquent les contraintes financières et les différences de volume horaire pour défendre le paiement à l’heure.

 

Un nouveau débat s’invite dans le secteur de l’éducation. Certains enseignants des établissements privés réclament désormais un salaire mensuel plutôt qu’une rémunération calculée à l’heure d’enseignement. Une revendication qui ne fait pas l’unanimité, tant chez les enseignants que parmi les responsables d’écoles privées contactés par Al-watwan, ce mardi 3 novembre 2026.Interrogé sur cette question, le professeur Nazoumouddine Combo remet en cause les propos à l’origine de ce débat, notamment en s’interrogeant sur la qualité et le statut de leur auteur. 


«Je ne crois pas que la personne qui parlait à ce sujet soit bien un enseignant dans une école privée. Il y a plusieurs aspects dans les écoles privées qui ne se résument pas seulement aux écolages ni au salaire. Certaines écoles comptent des enseignants titulaires (sic) qui sont payés au mois, car ils se sont engagés dans ces établissements à titre définitif. Ils ne vont pas ailleurs, mais y enseignent durant toute l’année. Par exemple, Gymnase ou Avenir, qui comptent une centaine d’enseignants titulaires assidus, du primaire jusqu’au lycée», déclare cet enseignant de français et d’anglais au collège du Groupe scolaire Avenir.

Volume horaire

Du côté des établissements, le directeur de l’école Almounawara, à Ivembeni-Mboudé, Mohamed Maamoune, reconnaît que le paiement mensuel est envisageable pour certains niveaux, mais difficile à généraliser. «Le paiement mensuel aux enseignants est possible au niveau des classes primaires, vu qu’ils sont là tous les jours. Pour les autres niveaux, cela sera difficile, car il s’agit d’enseignants qui passent quelques jours dans la semaine.

 Soit, par exemple, enseigner deux jours sur six. Et parfois, il peut arriver que ce jour soit férié ou que l’enseignant soit empêché. Sinon, le paiement par mois pourrait être possible en calculant les heures dispensées. Le montant varierait alors selon les heures et les matières. C’est-à-dire que le professeur d’arabe qui a trois heures par semaine ne touchera pas le même salaire que le professeur de mathématiques qui en a cinq», explique le directeur.


Même constat pour Ali Moilimou, directeur de l’école privée Mwindzani, à Ntsaoueni, qui estime qu’un salaire mensuel serait difficile à instaurer dans les conditions actuelles. «D’abord, les écoles privées se distinguent les unes des autres. Une école privée en milieu rural ne partage pas la même réalité financière qu’une autre située en milieu urbain. Chacune fait selon ses moyens.

 Il y a des établissements qui facturent l’heure à 1 500 francs, voire 3 000 francs, et qui calculent le salaire de l’enseignant en fonction du nombre d’heures dispensées. Si le paiement se fait, par exemple, à 5 000 francs, les écolages augmenteront automatiquement. Les parents d’élèves tiennent aussi compte de la proximité des écoles et du montant des frais de scolarité. Fixer un salaire mensuel serait donc impossible si l’on veut maintenir le système de rémunération à l’heure», avance Ali Moilimou.

Sous certaines conditions

Pour Hassane Djibaba, ancien directeur de l’établissement privé Madaris Al-Ihsane, situé à Hamramba, à Moroni, une revalorisation des salaires pourrait être envisagée en fonction des moyens de chaque établissement. Le paiement mensuel serait également possible pour les enseignants du collège et du lycée qui interviennent quotidiennement dans certains établissements privés disposant des ressources nécessaires. 


«Notre école peut se classer parmi les établissements qui assurent un salaire normal aux enseignants. Toutefois, la majorité des écoles donnent un salaire en fonction du nombre d’heures, sauf au niveau primaire. Et il serait difficile de fixer un salaire mensuel pour des enseignants qui dispensent un nombre limité d’heures tout en assurant également des cours dans d’autres établissements», souligne cet ancien responsable, aujourd’hui enseignant dans cette école privée.