Vingt-deux élèves vivant avec un handicap ont passé mardi l’examen de passage en 6e dans le sous-centre d’Uvanga. De faibles dispositions ont été prises pour les accueillir. Les responsables demandent de meilleures conditions pour ces candidats.

 

Au total, l’Office régional des examens et concours (Orec) de Ndzuani a enregistré 7 811 candidats inscrits à l’examen de passage en 6è. À l’issue de cette journée, 7 640 candidats étaient présents contre 171 absents. Dans le sous-centre d’Uvanga, situé dans la région de Pomoni, 217 élèves étaient inscrits sur un sites où 22 candidats, vivent avec un handicap, répartis dans les différentes salles des trois sites que compte ce sous-centre. Faisant le point sur l’organisation de l’examen, la présidente du jury à Ndzuani, l’inspectrice pédagogique Sitti Hamza, a salué le bon déroulement de l’organisation. «Comme chaque année, notre première préoccupation a été la sécurisation des sujets. Nous avons également veillé à ce que chaque salle soit encadrée par un enseignant et que toutes les personnes mobilisées dans les centres relèvent du secteur de l’éducation. De la conservation des épreuves à la gendarmerie jusqu’à leur acheminement dans les centres, tout s’est déroulé dans de bonnes conditions. Je n’ai reçu aucun retour négatif concernant l’organisation de cet examen», a-t-elle affirmé.


Interrogée sur la présence de candidats vivant avec un handicap, la présidente du jury a indiqué ne pas avoir été informée de cette situation. «Je n’ai reçu aucun signalement concernant ce type de candidats», a-t-elle déclaré. Pourtant, dans la circonscription pédagogique de Nindri, le nombre de candidats vivant avec un handicap demeurerait l’un des plus importants de l’île. Les 22 élèves concernés proviennent de cinq villages de la région et sont répartis dans les salles des trois sites du sous-centre d’Uvanga, qui accueille au total 574 candidats pour 11 absences.

 
La directrice de l’Ecole primaire publique de Nindri et formatrice d’enfants vivant avec un handicap, Zalhata Mourchide, a détaillé les mesures mises en place. «Cette année, le sous-centre d’Uvanga est réparti sur trois sites. Les 22 élèves vivant avec un handicap sont issus de cinq villages de la région. Des dispositions particulières ont été prises afin de leur attribuer des places adaptées. Nous accueillons principalement des candidats présentant des déficiences auditives, visuelles ou des handicaps moteurs», a-t-elle indiqué.


Cette dernière a toutefois précisé que l’accessibilité restait l’un des principaux défis. «La plus grande difficulté concerne les élèves ayant un handicap moteur. L’accès aux établissements demeure très compliqué et les parents sont souvent contraints de les porter jusqu’aux salles de classe. Les infrastructures scolaires ne sont pas adaptées. Heureusement, cette année, aucun de ces candidats n’a été installé dans une salle située à l’étage », a-t-elle expliqué. La directrice a mis également en avant les aménagements prévus pendant les épreuves et a appelé à un «accompagnement durable». «Une attention particulière leur est accordée. Les surveillants ont été sensibilisés à cette réalité. Beaucoup de ces élèves sont des redoublants. Nous plaidons pour un accompagnement plus ciblé ainsi qu’un suivi après leur réussite à l’examen. Les efforts consentis commencent à porter leurs fruits puisque certains anciens élèves poursuivent aujourd’hui leurs études à l’université ou exercent une activité professionnelle malgré leur handicap», a-t-elle plaidé.


Le directeur de l’Ecole primaire publique de Pomoni et responsable du site du lycée de Liwara, Siradjidine Ben Madjid, a confirmé que des consignes spécifiques ont été données avant le début des épreuves. «Avant le lancement des examens, la direction régionale de l’enseignement primaire nous a demandé de transmettre la liste des candidats vivant avec un handicap. Nous avons ensuite reçu des instructions précises concernant leur prise en charge, notamment leur répartition et leur installation dans les différentes salles d’examen», a-t-il expliqué. Du côté des parents, l’organisation générale de l’examen a été jugée satisfaisante. Mouandhui Houmadi, père de deux candidates, s’est montré rassuré. «Les examens se déroulent dans de très bonnes conditions. L’organisation est satisfaisante et les forces de sécurité font preuve de compréhension envers les familles. Jusqu’à la pause de midi, tout s’est bien passé, aussi bien pour mes deux filles, pourtant réparties sur deux sites différents. Les candidats sont également autorisés à quitter le centre pour la pause déjeûner», a-t-il confié.