Après un mois et trois jours de grève des enseignants du primaire et secondaire, les élèves du lycée de Moroni, Maahad, Epp Coulée et Cr Mbueni ont battu le pavé hier mercredi, pour exprimer leur désarroi et leur mécontentement et demander par la même occasion aux autorités compétentes de trouver une solution à la grève qui paralyse le secteur public de l’enseignement.

 

Les élèves de lycée Saïd Mohamed Cheikh, du Maahad de Moroni, de l’école primaire publique de la Coulée et du collège rural de Mbueni ont organisé hier, mercredi 20 mai, une marche pacifique pour exprimer leur mécontentement face à la grève illimitée déclenchée par les enseignants du primaire et du secondaire depuis le 17 avril. 


A travers cette marche, ces élèves du secteur public demandent la reprise «immédiate» des cours. Le président de la coopérative scolaire du lycée de Moron, représentant des écoles publiques, Kifia Mouridi, a fait savoir qu’au lycée Saïd Mohamed Cheikh, il y a des enseignants qui viennent et d’autres qui ne viennent pas, et cela reste un problème majeur, selon lui, pour l’avenir des élèves publiques.

« Nous sommes là pour réclamer nos doits, nous demandons tout simplement à apprendre comme il faut. Nous ne quitterons pas ces lieux sans avoir une réponse satisfaisante », a-t-il déclaré,  déplorant un système éducatif à deux vitesses qui permet à certains élèves de continuer à apprendre et  d’autres laissés dans le carreau. Les manifestants ont tenu à rappeler que le lycée de Moroni est le lycée de référence aux Comores.

«Nous voulons tout simplement étudier»
  
Kifia Mouridi a appelé le ministre de l’Education nationale à faire de son mieux pour que les élèves retrouvent le chemin de leurs établissements respectifs. «Nous voulons tout simplement étudier. Mais que font tous ces gens dans les bureaux climatisés», a-t-il interrogé, rappelant que «le bac approche, si on n’étudie pas, le Groupe scolaire fundi Abdoulhamid et le Groupe scolaire Avenir vont dire que nous sommes de mauvais élèves et pourtant, nous sommes aussi meilleurs qu’eux» .


Pour sa part, Tanloumi Issa Adam, élève de la classe de première C, a indiqué, elle aussi, l’objectif de la marche. «Nous voulons étudier, nous sommes l’avenir de ce pays. Nous voulons être fiers de nous demain, nous voulons être en mesure d’honorer nos parents et notre pays. On ne veut pas rester sans rien faire et laisser les autres étudier», a-t-elle soutenu. 


De son côté, Anjouza Oumouri, autre lycéenne, a manifesté son indignation comme ses camarades. «Nous manifestons pour demander une solution, sinon si on reste comme ça, on n’aura pas d’importance», s’est-elle exprimée, profitant de l’occasion pour informer l’opinion publique que les élèves du lycée de référence n’ont pas fait le bac blanc contrairement aux élèves du privé qui l’ont fait. «Le problème est que le ministère de l’éducation ne s’inquiète pas de notre situation et ils vont à la fin confirmer les dates des examens, pourtant on n’a rien appris», a-t-elle déploré.


A son tour, Moussa Fazil, un lycéen de la classe de 1er C au lycée de Moroni, a tenu à assurer qu’ils ne sont pas là «pour des raisons politiques, ni pour se bagarrer avec qui que ce soit, ni pour insulter qui que ce soit. Nous sommes là pour réclamer les droits des élèves à apprendre. C’est un droit fondamental. Je me demande comment les autorités peuvent-elles rester insensibles à une telle situation», a-t-il souligné. Pour lui, les enseignants grèvent, leur syndicat le soutient et ils seront payés après.

«Ce sont nous les perdants, ce n’est pas le problème des enseignants, ni celui du gouvernement», a-t-il regretté, rappelant le dicton africain qui dit que «quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui subit les conséquences». Moussa Fazil illustre ce qu’il a dit en montrant que «les enfants des autorités étudient dans les établissements privés. Les enseignants ont arrêté les cours dans le public mais ils continuent  d’enseigner dans le privé», a-t-il deploté, rappelant que «le ministère de l’Education a déjà confirmé que le baccalauréat aura lieu coûte que coûte».