Au lendemain des prises de parole des syndicats d’enseignants dénonçant l’absence d’avancées dans les négociations liées à leur mouvement de grève, le secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale a réagi hier mardi dans un point de presse tenu dans son bureau. Lors de cette rencontre, Saïd Soulé Saïd a défendu le bilan du gouvernement dans ce dossier tout en appelant à la reprise du dialogue afin d’éviter une aggravation de la crise scolaire.
Alors que les enseignants du primaire et du secondaire poursuivent leur grève illimitée entamée depuis le 17 avril dernier, le ministère de l’Éducation nationale réagit aux critiques formulées la veille par les représentants de la Fédération des syndicats de l’éducation aux Comores (Fsec). (Lire ci-dessous). Hier mardi, le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Saïd Soulé Saïd, a affirmé que les négociations avec les syndicats «n’avaient jamais été rompues contrairement à ce qu’avancent les grévistes».
Face à la presse, il a expliqué que le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, avait hérité d’un climat social tendu dès sa prise de fonction et qu’un important travail avait été mené depuis pour tenter de répondre aux revendications des enseignants. Selon lui, plusieurs mesures ont déjà été accordées, notamment «deux avancements ainsi qu’une revalorisation d’un point indiciaire».
Le secrétaire général rappelle qu’un avenant signé auparavant prévoyait l’organisation d’assises nationales sur l’éducation afin d’intégrer les revendications des différents acteurs du secteur dans une réflexion globale. D’après lui, ces assises ont bien eu lieu et leur rapport final a été présenté aux différentes parties concernées après le mois de Ramadhwani.
Il regrette cependant l’absence des représentants syndicaux lors de cette rencontre. «Contrairement à ce qui a été dit, nous n’avons jamais rompu les négociations», a-t-il insisté, estimant que certaines incompréhensions ont contribué à tendre davantage les échanges entre les deux camps.
Des désaccords persistants sur la grille indiciaire
Au cœur du conflit demeure la question de la nouvelle grille indiciaire réclamée par les enseignants depuis plusieurs années. Les syndicats dénoncent « le maintien d’une grille datant de 1968 ainsi que le non-respect d’accords conclus avec le gouvernement, notamment celui prévoyant l’application d’une nouvelle grille salariale ». Sur ce point, Saïd Soulé Saïd reconnaît la légitimité des revendications, mais souligne les contraintes financières auxquelles l’État serait confronté.
Selon lui, l’application immédiate de cette nouvelle grille représenterait un coût difficilement soutenable pour les finances publiques. « Si l’on applique cette grille aujourd’hui, les capacités de paiement de l’État seraient fortement réduites », a-t-il expliqué, évoquant également le poids du secteur éducatif dans la fonction publique. D’après ses chiffres, l’éducation représenterait 53 % de la masse salariale de la Fonction publique.
Saïd Soulé Saïd affirme également qu’un projet de protocole d’accord avait été élaboré à l’issue de discussions menées au secrétariat général du gouvernement. Toutefois, certains aménagements apportés au document n’auraient pas satisfait les syndicats. Il indique qu’une nouvelle réunion avait été programmée en présence des ministres de l’Éducation et de la Fonction publique, mais que les représentants syndicaux ne s’y seraient finalement pas rendus.
Le conférencier a réaffirmé la volonté du ministère de poursuivre les discussions afin de trouver une issue rapide à cette crise qui menace désormais le déroulement des examens nationaux et l’organisation de l’année scolaire. Et sur ce propos, le secrétaire général affirme que des solutions seront prises une fois la crise passée pour adapter l’année scolaire aux retards pris.



