Lors de la  cérémonie du lancement du projet «Rehema» à Mwali, ce vendredi 24 avril (lire page 2), le ministre de l’Education nationale, Bacar Mvoulana, a saisi l’occasion pour lancer un message à la fédération du syndicat de l’éducation nationale face à la grève des enseignants déclenchée depuis le 17 avril dernier. On rappelle que ces derniers revendiquent un avancement avant la fin du mois de mai, mais aussi la mise en place d’une commission chargée de revoir «la grille indiciaire qui devrait être intégrée dans la prochaine loi de finances». 

S’agissant de la première revendication, le ministre a bel et bien rappelé cette doléance, ajoutant qu’elle reste au cœur des recommandations prises en compte dans le document officiel adopté à l’issue des Assises nationales. «Cette annonce n’a jamais été suivie d’une date précise. Pourquoi vouloir insister sur un avancement avant le mois de mai?», a-t-il interrogé avant de remettre en cause la légalité et la légitimité de cette grève. 

«Je le dis haut et fort les grévistes pourront observer une ponction de leurs salaires en fonction des jours absents dans leurs classes. Et si, par conséquent, ils décident de ne plus travailler à cause de ces mesures, ils ne seront pas rémunérés, du tout, lors du prochain paiement», a-t-il insisté. 
Le ministre a, cependant, rassuré les parents d’élèves que quoi qu’il arrive l’année scolaire 2025-2026 sera validée et les examens de passage et nationaux auront lieu aux dates prévues.

Bacar Mvoulana reconnaît, tout de même «la nécessité» d’un avancement sur salaire mais indique que la doléance ne pourrait pas être satisfaite dans l’immédiat. «Depuis que je suis nommé à la tête de ce ministère, les enseignants ont bénéficié d’avancements de salaires à deux reprises. La grille indiciaire qu’ils exigent n’est pas viable. On a déjà fait les simulations et je sais de quoi je parle», a-t-il expliqué. 

Oui à un avancement mais pas à l’immédiat

En attendant une issue favorable, le ministère appelle à la levée de la grève pour faciliter la poursuite des pourparlers.Le ministre de l’Education a profité de l’occasion pour aborder l’autre sujet devenu très préoccupant dans le système éducatif : le manque d’enseignants dans de nombreux établissements d’enseignement. En tout, 1400 éducateurs manquent dans l’enseignement comorien, du primaire au secondaire. Pour mettre un terme progressivement à cette situation, Bacar Mvoulana a annoncé le recrutement, d’ici décembre prochain, de 300 enseignants «pour combler ce vide et remplacer ceux qui partiront à la retraite cette année».