Malgré une première rencontre entre syndicats et gouvernement, aucun accord n’a été trouvé. La grève des enseignants se poursuit ; elle perturbe les cours et font craindre des retards importants dans les programmes scolaires.

 

La grève des enseignants, entamée le 17 avril dernier, s’inscrit dans la durée après une première tentative de dialogue infructueuse entre la Fédération des syndicats de l’éducation et le ministère de l’Éducation nationale. Réunis le jour même du déclenchement du mouvement, les deux parties ont reconnu l’échec des discussions, tout en affichant leur volonté de poursuivre les négociations lors d’une prochaine rencontre.


Au cœur des revendications figurent le paiement d’au moins un avancement avant la fin du mois de mai, ainsi que la mise en place d’une commission chargée de revoir la grille indiciaire dans la prochaine loi de finances. En attendant une issue, le ministère appelle à la levée de la grève pour permettre la poursuite des pourparlers, évoquant également la nécessité d’exploiter les recommandations issues des assises nationales de l’éducation, tenues l’année dernière, pour définir les priorités du secteur.


Sur le terrain, la mobilisation reste contrastée. Dans plusieurs établissements, notamment au collège de Coulée et au lycée Saïd Mohamed Cheikh, en passant par le collège de Mbuweni, à Moroni, la situation varie d’un jour à l’autre. Certaines salles de classe restent ouvertes avec des enseignants assurant les cours, tandis que d’autres demeurent quasiment vides. Au collège public de Mbuweni, le directeur Faridy Norbert décrit une situation préoccupante. « Depuis le début de la grève, nous avons enregistré une présence très fluctuante des enseignants. Certains viennent assurer des cours, d’autres repartent sans enseigner», explique-t-il. 


Une instabilité qui complique l’organisation pédagogique et accentue les inquiétudes, notamment pour les classes d’examen. À cette perturbation s’ajoutent des contraintes matérielles. L’établissement, dont certaines salles sont en rénovation, doit recourir à des solutions temporaires, notamment en sollicitant des espaces auprès de l’école Franco-Arabe.

« L’état des lieux est critique », alerte le directeur, qui redoute des retards dans l’achèvement des programmes. Malgré tout, l’administration tente de maintenir un minimum d’activité scolaire. Des efforts de sensibilisation sont menés auprès des enseignants et des élèves, en particulier ceux en classes d’examen, afin de limiter les impacts de la grève. Si une nouvelle réunion est annoncée, l’absence de compromis à ce stade laisse planer l’incertitude sur la suite du mouvement.