Le Sneuc maintient sa grève illimitée pour dénoncer le non-respect du protocole signé avec le gouvernement, lequel exige la sécurisation des emplois, un traitement équitable et le financement pérenne de l’Udc
Des responsables du Syndicat national des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc) ont tenu une conférence de presse le samedi 7 février 2026 à l’École de médecine et de santé publique de Moroni. La rencontre avait pour objet l’annonce de la continuité de la grève illimitée déclenchée le 26 décembre, après un arrêt de cours de 72 heures. «Nous n’avons pas encore levé le mot d’ordre d’une grève illimitée, car nos doléances n’ont pas été satisfaites. Et nous ne débuterons pas les examens du premier semestre prévus lundi [aujourd’hui]», a déclaré le syndicaliste Dr Azali Ahamada. Le conférencier principal et ancien secrétaire général du Sneuc, Dr Hassani Youssouf, est revenu sur le non-respect du protocole signé avec le gouvernement, représenté par le ministre de l’Éducation, Bacar Mvoulana. Selon lui, ces mêmes doléances sont à l’origine de l’actuelle grève. Il s’agit notamment de la sécurisation des emplois des enseignants titulaires de contrats successifs, du traitement équitable des qualifications permettant l’évolution statutaire des enseignants, ainsi que du refus de réintégrer trois enseignants validés par le Conseil scientifique depuis 2016. L’absence d’un financement pérenne garantissant la stabilité de l’Université figure également parmi les points dudit protocole.
Hassani Youssouf a exprimé l’inquiétude des enseignants contractuels, « victimes de mauvais traitements », avec des contrats réduits et des statuts dévalorisés d’année en année. Il a appelé les enseignants, les parents des étudiants et le rectorat à reconnaître la légitimité de leurs revendications. «Il ne s’agit plus de luxe, mais de la survie de l’Udc et de la préservation du statut des enseignants et du personnel. Sans financement pérenne, les crises financières actuelles de l’Université resteront sans solution», a-t-il insisté. «Nous nous sommes rapprochés de certaines de nos autorités hiérarchiques, dont le recteur et le ministre chargé de l’enseignement supérieur, mais aucune solution n’a été enregistrée à ce jour. Nous avons sollicité d’autres rencontres avec d’autres autorités, sans réponse», a ajouté l’enseignant.
Concernant la suspension du secrétaire général du Sneuc, les conférenciers ont demandé au rectorat de rendre public le rapport de l’enquête sur cette décision. Ils ont affirmé détenir des preuves établissant l’innocence de l’enseignant et syndicaliste Youssouf Boinaheri, suspendu de son poste d’enseignant par l’administration de l’Udc qui l’accuse d’avoir signé illégalement un diplôme.

