À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation, l’Onu plaide pour l’implication des jeunes dans la co-création du système éducatif, tandis qu’aux Comores, la réalité révèle des défis persistants.

 

Le 24 janvier de chaque année, plusieurs pays du monde célèbrent la Journée internationale de l’éducation. Cette journée, proclamée par l’Organisation des Nations Unies (Onu) en décembre 2018, vise à sensibiliser la population mondiale à l’importance de l’éducation en faveur de la paix et du développement. «Le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation» est le thème retenu cette année. Il met en avant l’importance d’impliquer les jeunes en âge scolaire dans la co-construction de l’éducation qu’ils souhaitent, afin de mieux répondre à leurs aspirations et à leurs ambitions, selon les concepteurs de cette journée.


Dans la note conceptuelle de l’événement, l’Onu affirme que «les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population mondiale. Ils sont une force motrice pour le développement durable, l’innovation et la transformation sociale, mais restent touchés de manière disproportionnée par la pauvreté, les inégalités et un accès limité à une éducation de qualité et à des emplois décents. Lorsqu’il s’agit de façonner l’avenir de l’éducation, les jeunes ont un rôle particulier à jouer : ils sont les bénéficiaires des programmes éducatifs et leur avenir en dépend».


Aux Comores, malgré les nombreuses cérémonies et célébrations des journées mondiales, celle de l’éducation n’a jamais été officiellement célébrée. Pourtant, la réalité du terrain interpelle. Des jeunes semblent ne pas être impliqués dans le système éducatif en place, perdent confiance et préfèrent abandonner l’école pour s’orienter vers des métiers manuels. Hainati Waladi est l’une d’entre eux. Âgée de 24 ans, elle affirme avoir abandonné l’école en 2019, alors qu’elle était au collège, pour se lancer dans la couture traditionnelle. «Mes grands frères et sœurs ont terminé leurs études à l’Université des Comores et n’arrivent pas à décrocher d’emplois depuis déjà cinq ans», a-t-elle confié hier mardi dans un atelier au nord de Moroni. Toutefois, des efforts sont enregistrés pour améliorer l’accès à l’école, même si certaines réalités demeurent préoccupantes.

Réfléchir à un système éducatif plus juste

Le président de la coordination des écoles privées se dit, pour sa part, inquiet de la négligence de telles journées. Ali Ahamada évoque un manque d’occasions de réfléchir à un système éducatif plus juste, plus équitable et plus efficace pour les enfants. «Le ministère de l’éducation néglige les valeurs de base de l’éducation locale. Aucun département n’a jamais été mis en place pour s’engager spécifiquement sur cette question. Il n’y a que des directions chargées des différents axes de l’enseignement, mais rien sur l’éducation en tant que telle. Ainsi, l’éducation civique en particulier semble négligée», a conclu l’éducateur.