Durant les deux prochaines années, l’école française, prévoit d’augmenter près de 290 000 francs comoriens, ce que contestent les parents d’élèves non boursiers, qui menacent de déscolariser leurs enfants de l’établissement.

 

Le sujet divise toujours au sein du lycée français international Henri-matisse. Depuis janvier, un collectif de parents d’élèves non boursiers mène bataille contre la nouvelle hausse des frais de scolarité, votée en assemblée générale ordinaire. Celle-ci devrait s’appliquer dès l’année prochaine, avec une augmentation de 76 000 francs (155 euros) dans un premier temps. Puis de «444 euros à partir de 2027-2028».

 
Accusée de n’avoir pas associé les parents, l’association des parents d’élèves (Ape) se défend. «Il est important de préciser que l’augmentation des frais de scolarité envisagée s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une inflation significative aux Comores, une augmentation continue des coûts de fonctionnement, et la nécessité de préserver un enseignement de qualité conforme aux standards de l’agence pour l’enseignement français à l’étranger», a souligné le président de l’Ape, Ahmed Said Abdallah, contacté, par Al-watwan. 

Déscolariser les enfants 

D’après le collectif des parents, ces nouvelles hausses serviront «à la contribution des cotisations sociales et patronales des détachés français affectés au lycée français international Henri-matisse». Déterminés à aller jusqu’au bout, les parents d’élèves non boursiers ont déjà saisi le proviseur du lycée ainsi que l’ambassade de France aux Comores. 


«Nous vous adressons ce courrier en notre nom et au nom de plusieurs parents d’élèves non boursiers du Lycée français international Henri-Matisse de Moroni afin d’exprimer clairement notre désaccord concernant l’augmentation annoncée des frais de scolarité. Cette décision intervient alors que les frais ont déjà connu une hausse de 5% pour l’année 2024/2025, augmentation que les familles ont acceptée sans contestation malgré son impact financier», rappelle le courrier daté du 30 janvier, consulté par votre journal. 


Les auteurs de la lettre désignés par les familles d’élèves non boursiers pour défendre cette cause alertent que la nouvelle hausse prévue pour les deux prochaines années scolaires, va représenter «une augmentation totale de 290 000 francs, soit 595 euros par élève, ce qui devient excessivement lourd à supporter pour de nombreuses familles». 


«Certes, nous comprenons l’importance d’assurer des conditions de travail dignes aux enseignants, mais nous estimons que faire peser une nouvelle fois cette charge sociale et patronale sur les familles n’est ni équitable ni durable. Faire pression financièrement sur les parents d’élèves ne nous semble pas être la meilleure solution pour résoudre des questions qui relèvent de choix structurels et institutionnels», ajoute le collectif qui menace de «déscolariser» leurs élèves de l’école. 


L’école française de Moroni, à l’instar des autres établissements des autres pays du monde conventionnés par l’agence pour l’enseignement français à l’étranger (Aefe), sont impactés par les coupes budgétaires exercées par l’Etat français.  « Dans les couloirs, les rumeurs sur cette hausse circulaient. Mais, à nos yeux cela n’était pas envisageable car nous venions de subir trois augmentations sur six ans. Le comble, l’association des parents composés d’élus, ceux qui gèrent l’école, nous ont pris de court », a déploré un parent.


En charge de volet pédagogique dans les écoles françaises du monde, l’Aefe, a depuis décembre annoncé renoncer à la prise en charge de 35% des cotisations patronale des détachés. «On ne peut accepter, nous parents, de payer les pensions des employés français envoyés dans notre école. Le personnel détaché, n’a pas signé de contrat avec les parents», a martelé notre source qui a précisé que sur plus de 400 élèves du lycée français Henri-Matisse, les familles non boursières contribuaient à hauteur de 84% des recettes de l’école.

170 établissements 

 Le président de l’Ape, lui, assure que «contrairement à certaines affirmations, le bureau élu de l’association des parents n’a en aucun cas mis les parents devant le fait accompli». Selon toujours Ahmed Said Abdallah, le processus a été conduit dans un cadre transparent, avec des échanges réguliers. «La question des cotisations des pensions civiles des personnels détachés, est une réforme globale décidée par l’Aefe, qui concerne près de 170 établissements conventionnés ou en gestion directe dans le monde.

Cette mesure, applicable à compter du 1er juillet, s’impose donc à notre école», a indiqué le président de l’association des parents d’élèves. 
À l’entendre, des efforts importants ont été réalisés ces dernières années pour préserver l’équilibre financier sans peser excessivement sur les familles. «Le bureau de l’Ape tient à souligner qu’elle reste pleinement à l’écoute des préoccupations exprimées par certains parents ainsi que des propositions de solutions.

Des discussions sont en cours afin d’identifier des pistes d’accompagnement et d’atténuation de l’impact pour les familles, dans un esprit de concertation et de responsabilité collective», temporise Ahmed Said Abdallah. 


Contactée par Al-watwan pour livrer sa version, la direction générale de l’établissement n’a pas souhaité réagir et nous a demandés de contacter l’ambassade de France à Moroni pour obtenir des informations sur cette hausse. L’ambassade de France a, quant à elle, dit comprendre les préoccupations exprimées par certains parents et le dialogue est engagé avec eux afin d’expliquer le contexte et d’écouter leurs attentes.