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L’Université parle «d’une tentative de déstabilisation»

L’Université parle «d’une tentative de déstabilisation»

Éducation | -   Housni Hassani

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Les responsables de l’administration universitaire estiment qu’il n’y aurait “aucun mouvement de grève au sein de l’institution”. L’administrateur de l’Udc évoque un travail d’authentification des diplômes des enseignants grévistes. Il explique que le recrutement d’un enseignant-chercheur est soumis d’abord à l’approbation du Conseil scientifique après un examen complet du dossier notamment le profil, le diplôme et le parcours, entre autres.

 

Les responsables de l’Université ont fait savoir que les cours des frondeurs ont été assurés par des enseignants permanents. Une information balayée, d’un revers de main, par le docteur Abderemane Soilihi Djae, pour qui, il s’agirait d’ “une poignée d’étudiants qui a regagné les classes”. Pourtant, à en croire Abdallah Chamak, agent simple de la scolarité de Patsy, joint par téléphone, il n’y aurait, effectivement, pas de grève. “Comment peut-on parler de grève alors que l’ensemble des étudiants sont dans leurs salles de classes ?”, devait-il s’interroger. Autre zone d’ombre à éclairer, le nombre exact des “grévistes”. Abdallah Chamak évoque “17 grévistes”, pourtant, Abderemane Soilihi Djae parle affirme qu’ils sont “19”.


Du côté de l’Université des Comores, on est ferme sur la question, “il n’y a aucun mouvement de grève au sein de l’institution”, et qu’il s’agirait, seulement, d’ “une tentative de déstabilisation”, devait nous préciser un haut responsable de l’Université des Comores. Ce dernier poursuit en affirmant que des docteurs contractuels, “il y en a à la Faculté des sciences et techniques, à Mvuni et à Mwali, pourtant, aucune grève n’a été signalée sur ces sites”. Notre interlocuteur fustige la crédibilité des “grévistes”, évoquant la présence, dans le lot, d’ “un fonctionnaire du Cndrs à Ndzuani”, preuve, selon lui, de “l’ambiguïté du mouvement”.

Des négociations infructueuses

Pour trouver un compromis, les grévistes auraient multiplié les rencontres avec les administrateurs de l’Université, des membres du gouvernement et auraient même saisis des parlementaires, en vain. Les “grévistes” pointent du doigt “la passivité” de l’administrateur de l’Université des Comores qui leur aurait signifié qu’il fallait “s’adresser au gouvernement pour trouver une solution”.L’intéressé se défend en affirmant qu’il n’a pas “l’obligation de recruter”. “Moi je fais des propositions de recrutement. En 2017, nous avons lancés un concours de recrutement à l’Université.

 

Nous en avons engagés 23 enseignants, nous avons transmis leurs dossiers au ministre de l’éducation, mais ils n’ont jamais été signés car pour rentrer à l’Université, il faut des critères précis”, s’est justifié Dr Ibouroi Ali Toibibou. Quels sont, donc ces critères ? Notre source de l’Université des Comores parle de deux corps : “soit on rentre comme enseignant chercheur et dans ce cas-là, c’est le conseil scientifique qui examine le dossier (profil, diplôme et parcours), soit on recrute un contractuel pour palier le vide d’un enseignant permanent”, devait-il préciser. Dans le cas des enseignants docteurs de Patsy, hormis que certains diplômes “ne répondent pas aux offres de l’Université” mais “il y a suspicions de faux diplômes, et nous avons lancé une opération d’authentification et de vérification”.Alors, grève ou pas grève, les enseignants docteurs ont en tout cas prévu de descendre dans les rues, si d’ici samedi, aucune solution n’est trouvée.

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