Le secrétaire général de l’Université a réfuté hier les allégations de «blocage» émises par le bureau du Syndicat national des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc). Mouigni Hamza Said Ismaila, contacté dans l’après-midi par Al-watwan, s’est dit même étonné du contenu du message des syndicalistes. «L’Université n’a jamais fermé ses portes au syndicat. Au contraire, il y va de l’intérêt de tous de dialoguer et de parvenir à de compromis sur des sujets qui intéressent la vie de la communauté universitaire », a-t-il expliqué.


Le secrétaire général de l’Udc a toutefois fait savoir que l’Université ne cèdera en aucun cas au chantage et à la désinformation sur les vrais sujets qui cristallisent les rapports entre l’institution et le syndicat des enseignants. Pour lui, «le rectorat n’a jamais décliné une offre de dialogue» mais « maintiendra ses positions pour faire respecter les textes règlementaires».

Le syndicat, selon Mouigni Hamza Said Ismaila, se contentait à «exposer ses doléances au ministère de tutelle et sur les réseaux sociaux sans passer par le rectorat». Une posture déplorée par le secrétaire général de l’Université. «Le syndicat n’a jamais saisi le recteur. Et pourtant c’est le recteur qui a autorité directe sur le fonctionnement de l’Université. Ils n’ont jamais demandé un rendez-vous. D’ailleurs, le ministre a renvoyé à de nombreuses reprises le syndicat au recteur pour toute question relevant de l’Université», a mentionné Mouigni Hamza Said Ismaila.

Des relations exécrables entre l’Udc et le syndicat

La dégradation des rapports entre les deux parties fait suite à une grève déclenchée depuis l’année 2024 et qui s’est accentuée au gré des difficultés administratives et financières en chaîne observées ces dernières années à l’Université, notamment l’accumulation d’arrières de salaires, le gel supposé du plan de titularisation de certains enseignants et le manque de perspectives pour garantir un financement pérenne à l’institution.


À l’époque, le Sneuc avait ainsi émis, selon Mouigni Hamza Said Ismaila, «quatre revendications majeures» : la régularité des salaires, le paiement de trois mois de salaires, la question du financement de l’Université et l’intégration de nombreux enseignants dans le tableau des Maîtres-assistants. «Nous avons obtenu de compromis sur presque toutes les revendications du syndicat. La régularité de salaires est assurée. Nous avons payé les trois mois demandés. Quant à la question du financement de l’Université, cela relève  de la compétence du gouvernement. Nous avons organisé des rencontres techniques pour explorer des pistes de financement », a soutenu Mouigni Hamza Said Ismaila. Revenant sur l’intégration de certains enseignants dans le tableau des Maîtres-assistants, le secrétaire général fait savoir que cela ne se fait pas d’un trait de stylo « mais sur la base de conditions et de qualifications scientifiques précises prévues par les textes». 


À l’entendre, un enseignant doit satisfaire «des critères» avant de solliciter un statut de Maître-assistant. «Nous avons saisi le Conseil scientifique de l’Université qui a travaillé dans ce sens pour nous soumettre un rapport. Il n’y aura ni complaisance ni injustice. Mais nous n’allons pas distribuer des statuts à des enseignants en violation des textes », a encore expliqué le secrétaire général de l’Udc qui, sans le noter, reconnait l’incidence financière subséquente d’une telle mesure à l’Université. À ces revendications s’ajoute la suspension «à titre conservatoire» à travers la note N° 26-008/Udc/Rect/Cab en date du 6 janvier 2026 du secrétaire général du syndicat, Youssouf Boinaheri, et qui demeure aujourd’hui la principale pomme de discorde entre les deux parties. 


Le syndicat souhaite «la levée de la mesure de suspension» alors que l’Université refuse de «recevoir une personne suspendue » qui, selon toujours Mouigni Hamza Said Ismaila, «perd de facto sa fonction de secrétaire général du syndicat». Une situation qui complique les rapports entre les deux parties. On ignore, pour l’instant, si le ministère de tutelle interviendra pour pousser les parties à créer les conditions d’un dialogue fondé sur la préservation des intérêts de l’Université.