Le recteur de l’Udc, Dr Ibouroi Ali Toibibou, le secrétaire général de l’université, Mouigni Hamza Said Issimaila, et le directeur de l’Enseignement supérieur, Ali Mohamed Ali, ont tenu une conférence de presse hier mardi au ministère de l’Éducation nationale. Objectif : éclairer l’opinion publique sur la position de l’administration universitaire face aux récentes prises de position du Sneuc, à l’issue de son AG tenue samedi dernier.
Lors de cette rencontre, le directeur de l’Enseignement supérieur a indiqué que le ministre de l’Éducation nationale 
« prend acte » de la décision du rectorat relative à la suspension de l’enseignant concerné. « Youssouf Boinaheri est temporairement suspendu de ses fonctions d’enseignant ; de ce fait, il perd également la responsabilité syndicale qu’il exerçait », a précisé Ali Mohamed Ali.Les responsables de l’Udc se disent particulièrement préoccupés par le refus du Sneuc de reconnaître cette mesure administrative. Dans une déclaration officielle publiée le 12 janvier, l’université juge « choquante » la démarche du syndicat consistant à exiger la levée de la suspension sous peine de grève. « L’administration centrale a adressé un courrier officiel au secrétaire général adjoint du Sneuc, dûment accusé de réception. Le refus d’appliquer cette décision constitue un mépris du droit et des obligations statutaires », souligne le document, qui dénonce également « une indiscipline inacceptable » portant atteinte au statut et aux obligations professionnelles des enseignants-chercheurs.


Le recteur s’est par ailleurs étonné qu’une personne temporairement suspendue ait pu présider une assemblée générale du syndicat. « La décision de suspension n’a aucun lien avec l’activité syndicale ni avec les mouvements de grève. Lors des précédentes grèves, aucune entrave n’avait été faite. Cette mesure fait suite à un courrier adressé à l’Udc fin novembre 2025 par une société d’État demandant l’authentification de son personnel. Je m’inquiète de voir des enseignants s’associer à une démarche alors que l’intéressé a refusé de répondre à notre convocation pour venir s’expliquer», a déclaré le recteur.


De son côté, le secrétaire général de l’Udc, Mouigni Hamza Said Issimaila, a affirmé que l’administration ne reconnaît pas le courrier issu de l’AG du Sneuc, le quorum requis n’ayant, selon lui, pas été atteint. Il a évoqué également plusieurs irrégularités administratives, tant sur le fond que sur la forme, estimant que le secrétaire général du syndicat n’est pas légitime pour diriger une assemblée générale des enseignants ni pour s’exprimer publiquement au nom du Sneuc.Ali Mohamed Ali a, pour sa part, rappelé que les revendications liées à la suspension de l’enseignant et à la domiciliation ne figurent pas dans le protocole d’accord signé entre le Sneuc et les autorités. « Près de 80 % des axes de ce protocole sont respectés. Nous travaillons conjointement afin de résoudre les points encore en souffrance », a-t-il assuré.


En conclusion, le directeur de l’enseignement supérieur a indiqué que le ministère attend les résultats de l’enquête ouverte par le rectorat de l’Udc, laquelle devra être menée dans un délai maximal de dix jours. Cette enquête permettra de déterminer s’il y a lieu ou non de convoquer un conseil de discipline. Le processus, a-t-il rappelé, débute par la mise en place d’une commission d’enquête ; si les faits reprochés sont avérés, celle-ci saisira le ministre, seul habilité à convoquer le conseil de discipline et à statuer sur la décision finale ainsi que sur la nature de la sanction.