La multiplication des écoles coraniques, appelées Markaz, favorise l’essor de la mémorisation du Saint Coran aux Comores, malgré des disparités régionales et une faible participation des femmes aux compétitions internationales.
Ces dernières années, les écoles coraniques islamiques, communément appelées Markaz, se sont multipliées à travers le pays. Elles constituent un véritable levier de développement de la mémorisation du Saint Coran aux Comores. Partant de ce constat, Al-watwan est allé à la rencontre de Faisoil Bacar Ahamada, président du jury des concours nationaux de mémorisation du Saint Coran, afin de mieux comprendre l’ampleur de cette évolution, d’identifier les éventuelles faiblesses et d’analyser les performances selon les catégories.
Revenant sur l’historique de ces concours, Faisoil Bacar Ahamada rappelle que la mémorisation du Saint Coran existait déjà aux années 1980, mais concernait un nombre très limité de personnes. «À l’époque, seuls quelques individus, que l’on pouvait compter sur les doigts d’une main, s’engageaient dans cette voie, sous l’encadrement de professeurs comme Cheikh Sadik et Ali Islam, notamment sous le régime du président Taki», a-t-il indiqué. Selon lui, l’essor des Markaz a profondément transformé cette dynamique.
Création en 2005
La mémorisation du Saint Coran a connu une expansion notable, avec un nombre croissant de fidèles engagés dans cet apprentissage. Toutefois, certaines insuffisances persistent. Parmi les établissements les plus performants, il cite notamment le Markaz Sandi Ibnu Mouandhi ainsi que le Mahad de Moroni, qui forment depuis leur création, en 2005, de nombreux élèves issus des trois îles (Ngazidja, Ndzuani et Mwali) et qui participent régulièrement aux concours nationaux et internationaux.
Le président du jury précise également que «les Markaz offrant une prise en charge complète des élèves, avec un encadrement continu, obtiennent de meilleurs résultats». «Ces structures permettent aux apprenants de mieux se préparer et d’accéder plus facilement aux compétitions internationales, contrairement à celles qui alternent entre enseignement coranique et disciplines générales», estime-t-il
Une faible participation des femmes
En revanche, des retards sont observés à Ndzuani et à Mwali. Elles s’expliquent notamment par un manque d’encadrement pédagogique suffisant, en particulier dans la maîtrise de la récitation, notamment du 30ᵉ chapitre. Autre constat préoccupant : la faible participation des femmes aux concours internationaux. Cette situation est liée à un manque de candidates, contrairement aux garçons, qui répondent plus fréquemment aux critères requis.
Faisoil Bacar Ahamada appelle les acteurs concernés à «renforcer la création de Markaz dans toutes les régions», à «organiser davantage de phases éliminatoires au niveau national» et à «mettre en place des associations chargées de suivre et d’encadrer les apprenants». L’objectif est de «mieux préparer les candidats aux compétitions internationales et de préserver l’enseignement du Saint Coran».

