À l’approche de la rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation précise les règles d’organisation, les âges d’accès aux examens, les obligations des enseignants et les priorités pédagogiques pour 2026-2027.
Le ministre de l’Éducation nationale, Baakar Mvoulana, a publié, mardi 25 août 2026, la note circulaire N° 26-019 fixant les orientations, dispositions et mesures de mise en œuvre de l’année scolaire 2026-2027. Composée de 35 articles, cette note constitue désormais le principal cadre de référence pour les établissements publics et privés.Elle encadre l’organisation de la rentrée ainsi que la conduite des activités pédagogiques, administratives et socio-éducatives. Le document s’appuie notamment sur la Loi d’orientation de l’éducation, les recommandations des Assises nationales de l’éducation de 2025, les conclusions du Rapport d’État sur le système éducatif national de 2024 et les orientations du Plan sectoriel de l’éducation 2026-2030.
Une éducation de qualité
Selon le ministère, cette nouvelle année scolaire doit contribuer à la transformation du système éducatif afin de garantir «une éducation de qualité, inclusive, équitable» et adaptée aux enjeux du développement durable, de l’employabilité, de la citoyenneté et de l’émergence du pays.
Parmi les principales orientations figurent l’organisation des classes, l’encadrement pédagogique, l’admission et l’orientation des élèves, l’application des programmes officiels, le renforcement des apprentissages scientifiques ainsi que l’organisation du temps scolaire.
Dans les établissements publics, les activités pédagogiques se dérouleront du lundi au vendredi. Le samedi et le dimanche sont consacrés au repos des élèves et des personnels. Toutefois, le samedi pourra être mobilisé, lorsque les nécessités du service l’exigent, pour des activités de rattrapage, des formations, des réunions éducatives ou des activités culturelles. Ces activités ne devront toutefois pas remettre en cause les volumes horaires réglementaires d’enseignement. Dans le privé, les enseignements peuvent être organisés du lundi au samedi, conformément au projet éducatif de chaque établissement et dans le respect de la réglementation. Le dimanche demeure, pour sa part, un jour obligatoire de repos, sauf autorisation exceptionnelle du ministère.
La maîtrise des compétences fondamentales constitue une autre priorité. Dans l’enseignement élémentaire, les établissements devront accorder une attention particulière à la lecture, à l’écriture et aux mathématiques. Les encadreurs pédagogiques devront également assurer un suivi régulier des classes du préscolaire, ou Palashiyo. À la fin de chaque trimestre, ils devront produire un rapport consacré aux activités réalisées, aux acquis des enfants, aux difficultés rencontrées et aux mesures d’amélioration proposées. Ces rapports seront transmis à l’Inspection générale de l’éducation nationale (Igen), chargée de leur consolidation.
La note rappelle que les admissions en sixième et en seconde doivent être effectuées sur la base des résultats officiels de l’examen d’entrée en sixième et des critères de passage en seconde définis par le ministère.
Les élèves de troisième devront, dès le deuxième trimestre, bénéficier d’actions d’information et d’orientation sur les différentes filières de l’enseignement général, technique et professionnel.
Les établissements sont par ailleurs tenus d’utiliser les programmes officiels et d’appliquer l’Approche par compétences (Apc), aussi bien dans les enseignements que dans les évaluations. Les chefs d’établissement et les enseignants devront veiller à leur application effective, notamment dans les activités de remédiation et de préparation aux évaluations. Tout retard dans l’exécution des programmes devra être signalé et faire l’objet de mesures correctives. Les chefs d’établissement devront rendre compte régulièrement des difficultés rencontrées et des dispositions prises pour garantir l’achèvement des enseignements.
Âges et examens
La note apporte également des précisions sur les conditions d’accès aux examens nationaux. Les âges de référence sont fixés à 10 ans pour l’examen d’entrée en sixième, 14 ans pour le Bepc et entre 17 et 18 ans pour le baccalauréat. Des dérogations pourront néanmoins être accordées à titre exceptionnel par les services compétents du ministère, sur présentation d’un dossier pédagogique dûment motivé. Les candidats à besoins éducatifs particuliers bénéficient également de dispositions spécifiques. Des aménagements pourront être prévus afin de garantir l’égalité des chances lors des examens nationaux. Un comité ad hoc devra être constitué avant chaque session pour examiner les situations concernées et proposer les mesures appropriées.
Le shikomori au préscolaire
La note rappelle aussi la place du shikomori dans l’éducation préscolaire. Conformément à la Loi d’orientation de l’éducation. Cette langue constitue le principal outil d’enseignement et d’apprentissage au niveau du préscolaire. Les classes préscolaires reposent sur un dispositif de co-encadrement associant apprentissages préscolaires et éducation religieuse. Toute ouverture d’une nouvelle classe doit être précédée d’une concertation entre autorités éducatives, autorités locales et communauté.
Le suivi de l’assiduité constitue également une exigence renforcée. Les chefs d’établissement devront contrôler régulièrement la présence des élèves et des personnels à travers les registres et les outils numériques mis à disposition par le ministère, notamment la plateforme E-Msomo. Les absences injustifiées devront faire l’objet d’un suivi auprès des familles, des élèves ou des personnels concernés. Concernant les enseignants, les obligations réglementaires de service sont fixées à 18 heures hebdomadaires dans les lycées et à 20 heures dans les collèges. Toute modification exceptionnelle des horaires devra être justifiée et autorisée. Les enseignants fonctionnaires en activité dans le secteur public ne pourront, par ailleurs, exercer des activités d’enseignement dans le privé au-delà de dix heures hebdomadaires, sous réserve des règles relatives au cumul d’activités.
Citoyenneté et protection de l’enfant
Enfin, l’Éducation civique et morale demeure obligatoire dans les établissements primaires et secondaires. Des animations pédagogiques devront être organisées avant chaque rentrée à l’intention des enseignants chargés de cette discipline. Dans le cadre du renforcement de l’identité nationale, l’hymne national sera chanté chaque matin dans les établissements scolaires. Des actions de sensibilisation seront également menées tout au long de l’année sur la protection de l’enfant, les violences basées sur le genre, les violences en milieu scolaire et le respect des droits de l’enfant.

