La rentrée universitaire 2026-2027 a officiellement débuté, mais la participation reste faible dans plusieurs composantes de l’Udc. Elle est caractérisée par une reprise progressive des cours, des retards pédagogiques mais aussi des revendications des enseignants.

 

La rentrée universitaire 2026-2027 a officiellement démarré à l’Université des Comores (Udc), mais la reprise des activités pédagogiques demeure inégale selon les composantes. Alors que le secrétariat général fait état d’une présence majoritaire des enseignants et des étudiants, plusieurs sites affichent encore une faible affluence.
Selon l’arrêté du ministre de l’Éducation nationale, la rentrée était prévue le 14 septembre pour les enseignants et à partir du lundi 28 septembre pour les étudiants. Le secrétaire général de l’Udc, Mouigni Hamza Said Issimaila, assure que la rentrée est effective dans l’ensemble des composantes. 


Les étudiants de deuxième et troisième années ont déjà repris les cours, tandis que ceux de première année doivent commencer le lundi 5 octobre. «Selon les rapports élaborés par les chefs des composantes, les enseignants et les étudiants ont majoritairement été présents. Les cours ont déjà débuté», a affirmé ce dernier, tout en reconnaissant “une certaine lenteur généralement observée durant les premiers jours d’une rentrée universitaire”. Sur le terrain, toutefois, la situation apparaît plus contrastée.

À la faculté Imam Chafiou, hier mercredi vers 10 h 30, moins d’une vingtaine d’étudiants étaient présents. Le doyen par intérim, Dr Ismaël Maoulida, a estimé néanmoins que la rentrée connaît une progression. « Certains enseignants, dont celui de sciences islamiques, Dr Abdoulhakim Mohamed Chakir, commencent à enseigner, mais avec une faible présence des étudiants », a-t-il fait savoir. À l’Institut universitaire des technologies (Iut), la rentrée n’est pas encore considérée comme effective.

 Son directeur, Ahmer Bacar, explique que les activités de l’année académique précédente ne sont pas totalement achevées. «La phase des soutenances n’est pas encore finalisée. Elle se déroule en parallèle avec les travaux des concours de sélection des étudiants pour la rentrée en cours », a-t-il précisé. Selon lui, ce n’est qu’à partir de la semaine prochaine que l’établissement pourra véritablement apprécier l’effectivité de la rentrée.

Des enseignants toujours en attente

Au site universitaire de Patsy, un enseignant contractuel affirme également que les cours n’ont pas réellement repris. La majorité des enseignants n’aurait pas encore reçu son emploi du temps. Sous couvert d’anonymat, cet enseignant, docteur en mathématiques, évoque également la précarité qui touche plusieurs de ses collègues. Il affirme que certains enseignants travaillent depuis 2017 sous contrats à durée déterminée. «Cette situation figure parmi les doléances qui nous empêchent de reprendre les cours», insiste-t-il.

 L’administration centrale aurait promis une révision de leurs situations administratives, mais l’enseignant dit douter de la concrétisation de ces engagements. Le chef de la scolarité explique, pour sa part, que les difficultés liées à la répartition des heures seraient dues à un problème sur la plateforme mise en place par les ressources humaines de l’Udc. Au-delà de la reprise des cours, l’Udc doit également faire face à la question du sureffectif. Selon le secrétaire général, environ 6 000 nouveaux étudiants devraient rejoindre les 11 000 déjà inscrits, portant les effectifs à près de 17 000 étudiants.

Le rectorat a soumis au gouvernement des propositions destinées à gérer cette augmentation, lesquelles auraient reçu son accord. L’université prévoit notamment des mutations et une alternance dans l’utilisation des salles afin d’accueillir davantage d’étudiants.  «Nous allons équiper des salles de classe aux normes, comme celles qui se trouvent au quartier Mangaani à Moroni», indique Mouigni Hamza Said Issimaila. La question de l’encadrement pédagogique constitue également une préoccupation.

 Le rectorat entend commencer l’année avec les enseignants déjà en poste avant d’envisager de nouveaux recrutements en fonction des besoins. La situation des enseignants contractuels devrait également être examinée en fonction de leurs profils et des besoins des différentes composantes. Cette rentrée intervient enfin dans un contexte social tendu. Les enseignants ont annoncé une grève illimitée susceptible de perturber les activités universitaires. Parmi leurs revendications figurent notamment l’application de l’article 50 bis de la loi sur l’enseignement supérieur, la situation des enseignants contractuels et celle du secrétaire général du Sneuc qui a été suspendu.