Dans l’ensemble, les élèves des écoles privées ont repris leurs salles de classe ce lundi tandis que les taxis, commerces et autres activités économiques retrouvent progressivement leur rythme habituel. Une reprise qui réjouit la population après plusieurs jours de perturbations.
Les activités reprennent progressivement dans plusieurs localités du pays après l’annonce de la suspension temporaire de la hausse du prix du carburant. Les taxis circulent de nouveau normalement, les boutiques ont rouvert leurs portes et les marchés grouillent d’hommes et de femmes, même si certains commerçants restent encore prudents. Une situation qui soulage de nombreux chauffeurs et habitants.
Dans ce contexte de reprise, un communiqué conjoint appelant à l’arrêt des cours dans les établissements scolaires, en raison des mouvements de grève observé dans le secteur public, a circulé ces derniers jours. Afin de vérifier si cette consigne était suivie, nous avons fait le tour de plusieurs écoles privées de la capitale.
À l’école privée Brain Trust, les élèves étaient présents ce lundi matin. Dans la cour de récréation, certains jouaient tandis que d’autres discutaient entre camarades. Le directeur de l’établissement, Ahmed Jabir, explique que les cours étaient maintenus jusqu’à la semaine dernière. «Après cela, nous avons décidé de suspendre temporairement les cours en attendant que la situation se calme. Les élèves ne venaient plus normalement et les salles étaient presque vides», a-t-il confié.
Selon lui, les cours ont repris ce lundi et la présence des élèves est revenue à la normale. Concernant le communiqué annonçant l’arrêt des cours, il affirme que la coordination des écoles privées n’avait reçu aucune information officielle à ce sujet. «Nous avons entendu parler du communiqué, mais il n’y a eu aucune concertation avec nous», a-t-il insisté. Même constat au Groupe scolaire avenir (Gsa) où la reprise est également effective. À l’heure de la récréation, les élèves occupaient la cour de l’établissement. Les plus jeunes couraient et jouaient ensemble tandis que d’autres quittaient déjà l’école après leurs cours.
Manque de concertation
Le directeur, Ravelomamantssa, explique que les cours avaient été maintenus durant la majeure partie de la semaine dernière malgré une faible affluence. «Nous pouvions avoir cinq ou six élèves seulement dans une salle de classe, mais nous avions le devoir d’enseigner malgré la paralysie du pays», a-t-il expliqué. Selon lui, l’établissement a finalement suspendu les cours samedi dernier après avoir constaté que près de 90 % des élèves ne se présentaient plus.
Il a souligné également que chaque établissement restait libre de décider de la poursuite ou non des cours. Concernant le communiqué évoqué pour suspendre les cours dans le secteur privé ce lundi, le patron du groupe scolaire avenir a laissé entendre que la coordination n’a donné aucun mot d’ordre officiel. «Le communiqué diffusé manque de professionnalisme car il n’y a eu ni concertation ni formalisation avec les responsables des écoles », a-t-il ajouté.
Au Groupe scolaire Malezi, le directeur Abderehmane Ali indique que son établissement avait suspendu les cours dès mercredi dernier avant de reprendre ce lundi matin. Pour lui également, le communiqué diffusé ne serait pas crédible. «Les auteurs du texte auraient dû le signer officiellement. Notre coordination des écoles privées n’a jamais été informée de ce communiqué», a-t-il déclaré. On rappelle qu’une grève est observée dans le secteur public depuis le 17 avril dernier. Cette reprise n’est pas observée dans les écoles publiques.
C’est alors, qu’au collège rural de Mbueni où nous nous sommes rendus dans la matinée, un élève en uniforme bleu affirme que les perturbations durent depuis plusieurs semaines. «Depuis le mois dernier, nous n’avons presque pas eu cours. Et pendant la semaine de grève, c’était encore pire. Même aujourd’hui, nous n’avons pas réellement repris alors que je prépare le Bepc», a-t-il regretté.



