Plus de deux mois après la suspension du secrétaire général du Syndicat national des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc), la situation continue de susciter des réactions. Les membres du syndicat dénoncent « un non-respect» des textes par l’administration centrale et accusent cette dernière de priver les étudiants de certains modules.

 

Des responsables du Sneuc ont convié la presse ce lundi 30 mars 2026, à l’École de médecine et de santé publique (Emsp) pour s’exprimer sur la suspension du secrétaire général du syndicat, Youssouf Boinaheri, ainsi que sur les tensions persistantes entre le Sneuc, le rectorat et le gouvernement, à travers le ministère de l’Éducation nationale.Au nom du syndicat, Andhumdine Mohamed Youssouf a fait part de ses inquiétudes quant à la manière avec laquelle l’administration de l’Université des Comores gère le dossier. «Nous avons saisi le rectorat pour demander la publication du rapport de la commission d’enquête qu’il a lui-même mise en place. En réponse, il nous a été indiqué que l’affaire est désormais entre les mains de la gendarmerie», a-t-il déclaré.


Sans entrer dans les détails, le conférencier a rappelé que les textes régissant l’Université des Comores stipulent que si, au-delà d’un délai de deux mois, les faits ne sont pas établis, l’affaire doit être classée. «Or, ce délai est largement dépassé», a-t-il déploré.De son côté, Hassan Youssouf, ancien secrétaire général et membre du groupe de réflexion du Sneuc, a appelé le rectorat à «faire preuve de responsabilité en respectant les textes et en préservant l’image de l’Université des Comores». Il a salué «le professionnalisme» de la commission d’enquête, soulignant que celle-ci s’est appuyée sur des archives anciennes pour établir les faits. «Malheureusement, aucune suite n’a été donnée à ce rapport», a-t-il regretté.

Une prochaine assemblée générale

Par ailleurs, le syndicat affirme avoir fait des concessions en suspendant temporairement certains points de revendication afin de favoriser le dialogue avec l’administration universitaire. «Le 6 janvier, nous avons annoncé la suspension provisoire de notre grève illimitée. Toutefois, aucun document officiel n’a été signé à ce jour et les engagements ne sont toujours pas respectés. Seules, deux de nos cinq revendications ont été satisfaites», a expliqué le Dr Hassani Youssouf.Face à cette impasse, le Sneuc envisage la tenue prochaine d’une assemblée générale extraordinaire pour «définir la conduite à adopter, les marges de manœuvre du bureau syndical étant désormais limitées».