Le secrétaire général du Syndicat national des enseignants de l’Université des Comores (Sneuc) a tenu un point de presse, hier lundi 5 janvier 2026, à Moroni. L’objectif de cette rencontre a été d’exprimer le mécontentement du syndicat face au non-respect du protocole d’accord signé avec le gouvernement, représenté par le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, à l’issue d’une grève de 100 jours ayant paralysé l’Udc, entre juin et septembre 2025. Lors de cette conférence de presse, le conférencier est revenu sur deux principaux axes de cet accord qui, selon lui, souffrent d’un manque de suivi administratif et de volonté politique.
Il s’agit du blocage de la domiciliation bancaire des salaires et du refus de réintégrer trois enseignants (Ali Ahamada, Ali Abdou Mdahoma et Radjabou Youssouf), «validés par le Conseil scientifique depuis 2016, mais injustement retirés du procès-verbal ». Il a été en effet rapporté que «malgré la signature d’une convention avec Exim Bank, plusieurs enseignants se voient refuser la domiciliation de leurs salaires sans motif valable». Ce «blocage arbitraire» constitue, selon le Sneuc, «une atteinte aux libertés individuelles et syndicales, et alimente un climat de tension inutile». Le syndicat a appelé ainsi le recteur à «revoir cette décision».
Youssouf Boinaheri a également évoqué «le manque de sécurisation des enseignants recrutés sous contrats successifs». Selon lui, ces derniers «ont droit à un traitement équitable et à une évolution statutaire». Il a, à ce titre, dénoncé des «négligences administratives persistantes au sein de l’Udc, aux conséquences multiples».
«L’institution traverse plusieurs crises financières qui entravent son bon fonctionnement. Il revient au conseil d’administration d’agir, car l’absence d’un budget validé et le retard de sa présentation à l’assemblée nationale menacent sérieusement le paiement régulier des salaires», a-t-il averti. Il a regretté que les sessions du conseil d’administration soient «clôturées sans examen du budget de l’université».
Craignant un retour aux crises passées, le syndicaliste a indiqué avoir adressé plusieurs courriers, au nom du Sneuc, aux autorités concernées (notamment au secrétaire général du gouvernement, au ministre de l’Éducation nationale et au recteur), pour «rappeler l’urgence de présenter le budget de l’Udc à l’assemblée nationale, sans réaction à ce jour ». Face à cette situation, le Sneuc annonce la tenue d’une assemblée générale extraordinaire le mercredi 7 janvier 2026, afin de «décider collectivement des actions à entreprendre».
