Une convention-cadre signée lundi 14 septembre prévoit notamment la création d’un UniPod à Nvouni, destiné à stimuler l’innovation, le numérique, la recherche et l’entrepreneuriat des jeunes aux Comores.

 

Une convention-cadre de coopération entre l’Université des Comores (Udc) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a été signée le lundi 14 septembre au siège de l’Administration centrale de l’Université, à Mapvinguni. Elle prévoit notamment la création et l’opérationnalisation de l’UniPod Comores, un espace consacré à l’innovation, au numérique et à l’entrepreneuriat. La cérémonie a réuni les représentants du Pnud, les responsables de l’Université, ainsi que des enseignants et des chercheurs. Le ministre de l’Éducation, Bacar Mvoulana, a salué un partenariat dont l’ambition dépasse, selon lui, le seul cadre universitaire. 

Acquis et coopération

Il souhaite faire de l’UniPod un espace où « le savoir rencontre l’innovation » et où la recherche contribue à répondre aux besoins de la société et des entreprises.Installé sur le site universitaire de Nvuni, l’UniPod doit également participer à la transformation de ce site en un campus «ouvert, connecté, attractif et tourné vers l’innovation ». L’espace sera accessible aux étudiants et enseignants, mais aussi aux chercheurs, entrepreneurs, entreprises, administrations et partenaires techniques et financiers.


À travers cette initiative, le gouvernement entend renforcer la place de l’innovation, du numérique, de l’intelligence artificielle et de l’entrepreneuriat des jeunes dans le développement du pays. L’UniPod devrait par ailleurs faciliter l’accès de l’Université et des jeunes Comoriens aux réseaux africains d’innovation, de mentorat, de financement et d’accès aux marchés, notamment dans le cadre de l’initiative Timbuktoo du Pnud et du réseau Spark Africa.
Bacar Mvoulana a toutefois noté que le fonctionnement d’un tel espace nécessite une alimentation électrique stable et une connectivité de qualité. Les investissements qui l’accompagneront devront donc contribuer à améliorer progressivement ces infrastructures sur le site de Nvouni.


Pour le ministre, les jeunes Comoriens disposent de «l’intelligence, de la créativité et de l’ambition», mais manquent parfois de moyens pour concrétiser leurs idées. «L’UniPod doit précisément répondre à cette nécessité », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité de faire bénéficier l’initiative aux jeunes de Ngazidja, Ndzuwani et Mwali.Le recteur de l’Université des Comores, Ibouroi Ali Tabibou, a rappelé que la signature ne marque pas le début de la coopération avec le Pnud, mais vient consolider un partenariat déjà engagé. Il a notamment cité plusieurs appuis accordés à la Faculté des sciences et techniques (Fst).


Parmi les réalisations figurent le Laboratoire d’analyse de l’eau, financé avec l’appui du Pnud et du Fonds vert pour le climat, aujourd’hui construit et équipé, ainsi que le Laboratoire de pédologie et une salle de visioconférence. La Fst a également bénéficié de deux minibus destinés aux sorties de terrain.Le recteur a aussi évoqué le master en gestion des risques et catastrophes naturelles, lancé en 2018 avec le soutien du Pnud et désormais pérennisé sur les fonds propres de l’Université. Une Licence en gestion de l’eau doit, quant à elle, accueillir sa première promotion cette année. Le nouveau mémorandum élargit la coopération à l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, le développement durable, l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat des jeunes, la transformation numérique, la gouvernance, l’environnement, le climat et la résilience.

Des talents comoriens

Pour le représentant résident du Pnud, Luca Monge Roffarello, la convention traduit une ambition commune : « faire de l’Université un acteur central dans la recherche de solutions aux défis de développement du pays ».L’UniPod doit favoriser les échanges entre étudiants, chercheurs, entrepreneurs, entreprises, institutions publiques et partenaires au développement. L’objectif est de promouvoir une innovation «ancrée dans les réalités du pays et portée par les talents comoriens», tout en maintenant l’ouverture de l’Université sur les réseaux internationaux.
Le partenariat doit également renforcer les liens entre l’Université et le secteur privé, entre la recherche et les politiques publiques, ainsi qu’entre l’innovation et les programmes de développement.


Cette nouvelle étape intervient alors que le Pnud célèbre cette année cinquante années de présence et de coopération aux Comores. Selon Luca Monge Roffarello, elle doit contribuer à construire un avenir reposant sur des institutions nationales plus fortes, une jeunesse mieux équipée et une recherche davantage orientée vers les solutions. «Un comité paritaire de suivi et d’évaluation sera mis en place afin de veiller à la mise en œuvre du mémorandum et au suivi de la coopération entre les deux institutions», a-t-il fait savoir.