Réunis en assemblée générale extraordinaire, les responsables des écoles privées ont dénoncé «des ingérences, des sanctions jugées inéquitables et un manque de concertation» avec leur ministère de tutelle.

 

La Coordination des écoles privées de Ngazidja (Cepn) s’est réunie en assemblée générale extraordinaire, le samedi 16 octobre, au siège du Groupe scolaire Avenir, à Moroni. Au cours de cette rencontre, une soixantaine de représentants d’établissements privés reconnus ont dénoncé plusieurs décisions de leur ministère de tutelle. Ils lui reprochent notamment des ingérences dans la gestion des écoles et un traitement qu’ils estiment inégalitaire. « Nous exprimons fermement et solidairement notre mécontentement face aux réactions et aux décisions du ministère de l’Éducation nationale à l’égard de notre coordination. Nous lui demandons une réciprocité dans le respect », a déclaré le président de la Cepn, Ali Ahmada. Parmi les principales préoccupations figure la révocation de responsables d’établissements par le ministère. Selon le président, plusieurs chefs d’établissement auraient été contraints de quitter leurs fonctions, tandis que certains conseils d’administration auraient subi des pressions pour accepter de nouveaux directeurs. Plus de cinq directeurs seraient concernés, sans qu’un bilan précis ait été établi, selon la Cepn.


Pour Ali Ahmada, le ministère doit respecter les prérogatives des conseils d’administration dans la gestion des établissements. Il a déploré également le manque de coopération entre les quelques 189 écoles privées récemment reconnues. Si l’ouverture et la fermeture des établissements relèvent de l’autorité gouvernementale, la coordination estime être «injustement mise en cause» lorsque certaines écoles ne respectent pas les conditions requises.


Autre sujet de tension : l’application du calendrier scolaire, notamment les cinq jours de vacances intermédiaires de septembre. Le président a affirmé que la majorité des établissements privés a respecté cette disposition, contrairement à d’autres, sans réaction du ministère. Faute d’explications et de concertation, la Cepn a menacé de ne plus appliquer cette mesure. «Nous ne pouvons pas laisser des enfants dans la rue pendant que d’autres sont à l’école», a-t-il dit. Le président a, par ailleurs, affirmé avoir envisagé de démissionner, convaincu que «les engagements pris avec le ministère ne seront pas respectés». L’assemblée a, selon lui, toutefois rejeté sa démission.


La Cepn appelle également les autorités à «donner suite aux recommandations des états généraux de l’éducation de 2018 et des assises nationales de 2025, notamment celles prévoyant des financements en faveur des écoles privées». De son côté, le secrétaire général, Archac Moussa, s’est inquiété des mesures ministérielles, notamment l’interdiction faite aux établissements d’exclure les élèves pour retard de paiement. Selon lui, cette décision « risque de fragiliser » leur « fonctionnement administratif et pédagogique ». Il a rappelé que «les écoles privées accueillent», d’après la coordination, «plus de 60 % des élèves et revendiquent de bons résultats scolaires».