La Fédération des syndicats de l’éducation des Comores (Fsec) réaffirme la poursuite de “la grève illimitée” et presse le gouvernement d’appliquer l’avenant de 2024 et les recommandations des assises nationales sur l’éducation.
La Fédération des syndicats de l’éducation des Comores (Fsec) a réaffirmé, hier mardi 12 mai, la poursuite de “la grève illimitée” déclenchée le 17 avril dernier. Lors d’une conférence de presse tenue au restaurant Le Select, à Moroni, les responsables syndicaux ont insisté sur la nécessité de voir aboutir leurs revendications, en particulier l’application de l’axe 4 de l’avenant du protocole signé avec le gouvernement en janvier 2024.Cet axe prévoit notamment le paiement d’au moins un avancement aux enseignants, dont les modalités devaient être définies à l’issue des assises nationales sur l’éducation. Pour la Fsec, il s’agit d’un engagement clair qui n’a pas encore été respecté par les autorités.
Le secrétaire général adjoint de la fédération, Mohamed Maanfou, a dénoncé “le manque de reconnaissance des engagements pris, malgré le dépôt d’un préavis de grève le 30 mars dernier”. Il a estimé que “la grève est légitime” et regrette ce qu’il considère comme “des menaces et des tentatives d’intimidation” de la part du ministère de l’Éducation nationale.Les syndicalistes ont rappelé également leur “contribution aux assises nationales de l’éducation de juillet 2025”, dont ils “attendent désormais la mise en œuvre effective”.
Un avancement
Mohamed Boina a souligné que les recommandations issues de ces assises “ne se limitent pas à des questions budgétaires, mais impliquent aussi des engagements de gouvernance et de professionnalisation du secteur”.
De son côté, Athoumane Abdou Dia a fait état de rencontres avec plusieurs responsables gouvernementaux, dont le secrétaire général du gouvernement et le directeur de cabinet de la présidence chargé de la Défense. Il a indiqué que “les positions exprimées varient selon les interlocuteurs”, mais note que “seul Youssoufa Mohamed Ali” aurait “donné des assurances” jugées “encourageantes”.
Les enseignants estiment, par ailleurs, que “la hausse du coût de la vie, notamment celle des produits pétroliers, renforce l’urgence d’une revalorisation salariale”. Ils accusent le ministère de l’Éducation nationale de “ne pas répondre de manière satisfaisante” à leurs revendications, “malgré les précédents arrêts de travail”.Enfin, la Fsec conteste certaines déclarations ministérielles concernant l’avancement des enseignants, estimant que “les engagements pris dans le cadre du protocole de janvier 2024 n’ont été que partiellement respectés”. A noter que le ministre de l’Education nationale, Bacar Mvoulana, n’a pas botté en touche les doleances des syndicats mais a demandé “un report” dans leur materialisation.



