Après plusieurs semaines de grève dans le secteur éducatif, un accord a été annoncé entre le gouvernement et la Fsec. Si la reprise des cours est envisagée, il reste à espérer que de futurs manquements aux engagements de l’une ou l’autre partie ne viennent pas de nouveau compromettre l’apaisement.
Le gouvernement et la Fédération des syndicats de l’éducation aux Comores (Fsec) ont annoncé samedi soir dernier, 23 mai, avoir trouvé un compromis mettant fin à la grève illimitée déclenchée le 17 avril dernier. À l’issue d’une rencontre entre les représentants syndicaux et les autorités gouvernementales, les enseignants du primaire et du secondaire ont été appelés à reprendre les cours dès ce lundi 25 mai.C’est un représentant de la Fédération des syndicats de l’éducation aux Comores (Fsec) qui a, le premier, annoncé la nouvelle à l’issue des discussions. Selon lui, « un accord est trouvé » autour des revendications syndicales qui paralysaient le système éducatif depuis plus d’un mois. Dans la foulée, la porte-parole du gouvernement, la ministre Fatima Ahamada, s’est félicitée de cette sortie de crise et a exprimé l’espoir que « ces histoires de grève soient désormais derrière nous ».Dans la même soirée, le Secrétariat général du gouvernement a confirmé cette issue dans un communiqué officiel.
Le texte indique qu’« un compromis a été trouvé entre le gouvernement et la fédération des syndicats de l’éducation aux Comores», après plusieurs semaines de grève générale ayant entraîné l’arrêt des cours dans les établissements publics ainsi qu’une marche organisée par les élèves. Le communiqué précise également que les revendications présentées par la Fsec «ont obtenu des réponses favorables de la part du gouvernement » et que leur mise en œuvre interviendra «dans les meilleurs délais». Les autorités y ont annoncé en outre un «réaménagement » du calendrier scolaire afin de permettre l’achèvement du programme pédagogique de l’année en cours.Pourtant, rien ne laissait présager une telle issue quelques heures auparavant. Le même samedi au matin, la section syndicale de Ndzuani réunissait une assemblée générale extraordinaire pour décider d’une éventuelle reprise des cours. La position affichée à l’issue de cette réunion était sans ambiguïté. «Les enseignants ne reprendront pas les cours sans au moins un avancement. Les autres revendications peuvent attendre. La grève continue », avait déclaré sur les réseaux sociaux un représentant de la Fsce de Ndzuani. On ignore s’il y a un décalage entre la position la Fsec et celle affichée par sa section de l’île de Ndzuani.
Une nouvelle grille indiciaire aux enseignants
La grève actuelle, qui avait été qualifiée d’« illimitée » par la Fsec lors de son déclenchement le 17 avril 2026, est en effet la troisième grande mobilisation du secteur depuis deux ans. La première, lancée le 17 novembre 2023, avait abouti à la signature d’un protocole d’accord le 4 janvier 2024 entre le gouvernement et les syndicats. Dans cet accord, l’État s’engageait notamment à attribuer une nouvelle grille indiciaire aux enseignants du primaire et du secondaire, avec un effet administratif prévu en octobre 2024 et un effet financier à partir de janvier 2025. Le texte prévoyait également l’octroi d’au moins un avancement dès juillet 2024, l’intégration des diplômes professionnels ainsi que la levée des sanctions disciplinaires prises pendant la grève.Selon les responsables syndicaux, seul le point relatif à l’avancement de juillet 2024 aurait été effectivement appliqué.
Face au non-respect des autres engagements, les enseignants avaient de nouveau débrayé le 27 janvier 2025. Cette nouvelle crise avait conduit à la signature, le 10 février 2025, d’un avenant au protocole initial.Dans ce document, les deux parties reconnaissaient explicitement «le non-respect total du protocole d’accord du 4 janvier 2024» concernant notamment la nouvelle grille salariale. L’avenant prévoyait alors plusieurs nouvelles mesures, parmi lesquelles l’intégration des diplômes obtenus avec l’autorisation de l’employeur, l’organisation d’assises nationales sur l’éducation, la définition d’une période moratoire sans grève, la révision du statut particulier des enseignants et la mise en place effective d’une commission administrative paritaire au sein du ministère de l’Éducation. Reste désormais à savoir si le nouvel accord conclu samedi permettra réellement d’instaurer un climat durable d’apaisement entre le gouvernement et les syndicats.



