Face aux contestations des écoles privées, le ministère de l’Éducation dément tout recul sur les suspensions décidées, réaffirme son autorité et maintient sa fermeté contre l’exclusion d’élèves pour impayés.
L’incompréhension demeure entre le ministère de l’Éducation nationale et la Coordination des écoles privées (Cep). Alors que cette dernière évoquait, dans notre édition du mardi, une reconnaissance par le ministère d’un vide juridique et un retour partiel sur certaines décisions de suspension, le secrétaire général du ministère, Said Soulé Said, est monté au créneau pour démentir fermement ces affirmations.
En effet, dans un article paru hier mardi 3 février dans nos colonnes, le secrétaire général de la Cep, Archak Moussa, avait fait état d’échanges avec les autorités éducatives la semaine dernière, au cours desquels celles-ci auraient admis ne pas disposer d’un cadre légal clair pour suspendre des directeurs d’écoles privées. Il affirmait également qu’un réaménagement partiel de la décision concernant l’école privée Enumeco avait été acté, permettant au directeur de reprendre ses fonctions avec des prérogatives limitées.
Face à ces déclarations, Said Soulé Said a convié la presse dans la matinée du même jour afin d’apporter la position officielle du ministère. Le secrétaire général a rejeté en bloc l’idée d’un quelconque revirement. Selon lui, «les propos tenus par le secrétaire de la Cep n’engagent nullement le ministère». Il a rappelé que seules les décisions prises par le ministre ou par le secrétaire général lui-même peuvent engager l’institution. «Une resolution suggérée à l’issue de discussions informelles ne peut pas annuler une note émanant de ces deux autorités », a-t-il insisté.
Le secrétaire général a également mis en garde contre les interprétations hâtives à l’issue de réunions tenues au ministère. «Il ne suffit pas de se rendre au ministère et de discuter pour conclure que les resolutions issues de ces échanges engagent l’État», a-t-il insisté.
Concernant le cas de l’école Enumeco, au cœur de la polémique, Said Soulé Said affirme que la position du ministère demeure inchangée. La suspension faisait suite à l’exclusion d’un élève pour impayés de frais de scolarité, une pratique que le ministère dit combattre fermement, surtout lorsqu’elle intervient en cours d’année scolaire. «Le ministère reste ferme sur les écoles qui expulsent des élèves pour des raisons financières, d’autant plus que ces établissements ne proposent pas de cours de rattrapage au retour de l’élève», a-t-il déclaré.Par ailleurs, le ministère maintient ses décisions dans d’autres dossiers sensibles, notamment à l’école Franco-Arabe de Mitsudje ya Hambuu, où des suspensions ont été prononcées à la suite d’une affaire grave d’atteinte aux mœurs impliquant des collégiens. Dans ce cas, les autorités éducatives n’envisagent pas non plus aucun assouplissement tant que les responsabilités n’auront pas été clairement établies.

