Une réunion de concertation entre le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, et les responsables des établissements d’enseignement privé s’est tenue le vendredi 22 aout à la faculté Imam Chafiou de l’Université des Comores. Cette rencontre s’inscrivait dans la poursuite des échanges entamés par le ministère avec les différents acteurs du secteur éducatif. Le ministre a fait savoir que cette réunion visait avant tout à instaurer un dialogue sincère et constructif avec le secteur privé, qui accueille près de 80 % des élèves du pays, principalement à Ngazidja. «Nous avons échangé sur les réformes déjà engagées, sur les mesures à venir et sur la manière dont le secteur privé peut être accompagné pour améliorer les résultats scolaires », a déclaré Bacar Mvoulana.
Parmi les mesures annoncées, figure l’instauration d’un bulletin unique à l’échelle nationale dès la prochaine rentrée. Tous les élèves du secteur public seront concernés, et le dispositif devrait progressivement s’étendre au privé. Le ministre a précisé que cette mesure vise à harmoniser les pratiques, à obtenir des données fiables sur les effectif et les décrochages scolaires, pour garantir plus de transparence. Concernant les enseignants, Bacar Mvoulana a expliqué que la vérification des diplômes dans le privé n’a rien d’une punition mais constitue une mesure de prévention et d’accompagnement. «Nous voulons donner au secteur privé le même encadrement pédagogique qu’au public. Pour cela, nous devons disposer d’une base de données claire sur les enseignants», a-t-il insisté. Il a dit souhaiter également développer le ramassage scolaire, afin de faciliter le retour des élèves chez eux.
Le secrétaire général du ministère, Saïd Soulé Saïd, a rappelé que l’éducation privée doit fonctionner dans le respect des règles nationales. «Nous travaillons avec l’Anaden sur la plateforme de gestion du bulletin unique. Cela permettra d’avoir des chiffres fiables, de renforcer la confiance et de mieux dialoguer avec nos partenaires», a-t-il expliqué. Il a précisé que «la possession d’une simple licence universitaire ne suffit pas pour enseigner» et a annoncé la mise en place d’un plan de formation destiné à élever le niveau de qualification des enseignants. Il a ajouté que les écoles ne respectant pas les normes requises devront cesser leurs activités et que les inscriptions seront strictement contrôlées, avec sanctions en cas de fraude. Les transferts d’élèves seront arrêtés à une date précise, et les effectifs définitifs seront ensuite validés par l’Onec.
Par ailleurs, le ministère a confirmé la nouvelle organisation du temps de travail dans l’administration publique, désormais fixée du lundi au jeudi, de 8h à 12h puis de 13h à 17h. Le directeur de l’école privée franco-arabe, Ali Ahamada, s’est félicité de cette initiative, estimant que ces concertations constituent «une avancée concrète» dans la mise en œuvre des recommandations issues des assises nationales de l’éducation.
«Nous sommes favorables à toute réforme qui va dans le sens du bien-être et de la réussite des enfants comoriens », a-t-il déclaré. Concernant le bulletin unique, il a toutefois insisté sur la nécessité de fixer un tarif abordable pour les familles. La rentrée scolaire se déroulera conformément au calendrier établi l’année précédente. Le ministère s’est engagé à poursuivre ces concertations régulières avec les acteurs du secteur éducatif.